A l’heure où, sous les effets conjugués de l’hypermédiatisation qui détourne le citoyen-téléspectateur de la raison pour faire régner le spectaculaire, le sensationnel, l’émotionnel, de l’explosion des nouvelles technologies qui, via le net, cultivent le rapport direct et souvent incontrôlé de l’individu au monde affaiblissant un peu plus les corps intermédiaires si essentiels à la démocratie, de la mondialisation effrénée qui comporte autant d’avantages que d’inconvénients culturels, d’une libéralisation excessive qui a détruit trop de régulations indispensables, notre société est confrontée à une perte de repères et de sens, les citoyens, hommes et femmes, sont paumés et ont besoin de retrouver des valeurs.
Et d’abord celles de la République. Parmi celles-ci, la laïcité tient une place fondamentale puisqu’elle permet notre vivre ensemble avec nos différences, dans le respect de ces différences, mais sans jamais qu’une seule de ces différences n’impose sa loi aux autres. Plus que jamais, il est nécessaire de provoquer le débat sur la laïcité. Pas seulement pour la défendre mais aussi et surtout pour la promouvoir. La laïcité est un combat permanent, celui de la raison, du libre arbitre et de l’esprit critique contre l’obscurantisme et le totalitarisme. Elle nous amène à revisiter le rapport complexe et, en même temps fécond de nos différences avec ce qui nous unit. On parle ici de toutes nos différences, pas seulement religieuses, même si l’on sait bien que la laïcité est née d’une volonté de la République de s’affranchir de la domination d’une religion. Mais sa philosophie politique est valable pour toutes les différences génératrices de discriminations : couleur de peau, origines culturelles, âge, sexe, pratique sexuelle…
C’est de tout cela que nous parlerons le mardi 16 décembre, lors des Ves Rencontres de la laïcité du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale, en présence de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et d’Abdennour Bidar, philosophe, autour de la thématique suivante :
- la laïcité, c’est d’abord de respect des différences.
- la laïcité ne peut, en aucun cas, se traduire par la négation des différences.
- la laïcité, c’est donc le respect des différences conjugué indissociablement avec le dépassement de celles-ci.
Jean Glavany, député et conseiller général des Hautes-Pyrénées
Cet éditorial est extrait de la lettre de Communes de France n°190 du 8 décembre 2014
