L’élue de la semaine : Nadège Langlais

De la cité Malesherbes au département des Côtes-d’Armor

Conseillère départementale des Côtes-d’Armor, Nadège Langlais est élue dans le deuxième canton de St-Brieuc

Nadège Langlais n’est pas issue d’une famille très politisée et pourtant c’est la politique qui accompagne son parcours. « À la maison, on parlait peu de politique mon père, artisan, avait plutôt un tempérament de droite et ma mère fonctionnaire avait plutôt les idées qui penchaient à gauche. Je me souviens de la victoire de François Mitterrand en 1981, où ce n’était pas vraiment la fête à la maison. Je suis plutôt allée chez des copines pour les réjouissances », explique Nadège Langlais. Elle le sait elle est de gauche : « Au lycée, j’ai connu cette génération de professeurs soixante-huitards qui ont su éveiller notre conscience politique ». Après avoir décroché son baccalauréat en 1981, Nadège Langlais rejoint les bancs de la Faculté de droit à Nantes. « Je sentais bien que je n’étais pas totalement faite pour les études. J’avais envie de travailler et surtout l’ambiance en fac de droit est plutôt à droite », ajoute Nadège Langlais, qui entre dans la fonction publique via un concours de la catégorie C. Chemin faisant, elle s’installe à St-Quentin-en-Yvelines et travaille pour le syndicat d’agglomération. Elle s’y fait des amis socialistes. « À cette époque j’ai pas mal milité. Je travaillais avec le président du syndicat d’agglomération, puis j’ai collaboré directement à la permanence de Michel Rocard, où j’ai mené un véritable travail d’émulation de courant en organisant les colloques et en mobilisant les correspondants fédéraux rocardiens », explique Nadège Langlais. À l’arrivée de Jean-Pierre Joseph à la tête de la FNESR, Nadège Langlais devient son assistante, au siège de la Fédération des élus, cité Malesherbes.

L’importance des valeurs
« Après cette période, j’avais besoin de quitter ce monde et je suis allée travailler dans le privé pendant sept années », ajoute Nadège Langlais, qui poursuit le changement en quittant la région parisienne pour aller s’installer à St-Brieuc en 1999, où elle est embauchée. En 2008, elle devient l’assistante parlementaire de Danielle Bousquet, députée des Côtes-d’Armor et fervente partisane de l’égalité entre les femmes et les hommes et qui est aujourd’hui à la tête du HCEfh.
Cette rencontre a renforcé ce goût pour le féminisme et la liberté qui anime Nadège Langlais : « Ma grand-mère a divorcé en 1947 avec quatre enfants à charge, ma mère était la seule fille, donc pas de formation puisque l’Éducation et la formation étaient réservées aux garçons dans ce milieu très populaire. Ma mère nous a toujours inculqué le goût du travail et de l’indépendance des femmes. “Soyez libres et autonomes les filles !”, merci à elles de m’avoir guidée vers la liberté de travail, de partage et d’amour ». En 2012, elle devient la collaboratrice de Michel Lesage, alors nouvellement élu député des Côtes-d’Armor. Elle a depuis retrouvé la mairie de St-Brieuc et travaille au service des espaces verts.

Enjeu social du département
Nadège Langlais attend les élections départementales de 2015 pour franchir un nouveau cap. « L’idée de me présenter à une élection m’avait déjà traversé l’esprit mais cela demande du temps, ce qui n’est pas toujours évident lorsque l’on a une vie de famille et professionnelle. Il faut aussi faire attention a ne pas verser dans le conflit d’intérêt lorsque l’on est soi-même employé d’une collectivité », explique Nadège Langlais. D’abord hésitante, elle est rassurée par la candidature en binôme paritaire. « Cela apporte le supplément de confiance nécessaire pour sauter le pas. C’est également une avancée pour la féminisation des élus locaux. J’ai également pu me reposer sur l’expérience de Christian Provost, candidat à sa réélection. Nous avons mené une campagne de proximité, sans réunion publique mais avec beaucoup de porte à porte chez les particuliers et les entreprises et une présence forte sur le marché où nous avions déjà nos habitudes », déclare Nadège Langlais.
Conséquence du climat politique actuel, Nadège Langlais confie faire face à une situation compliquée au sein du département. « Les cartes politiques ont été redistribuées. Il est difficile de travailler avec un ou une élue qui a soutenue Emmanuel Macron et qui reste aujourd’hui au sein du groupe socialiste. L’ambiguïté doit cesser », conclut celle qui croit « au sens donné au département et à l’enjeu social qu’il représente ».

Julien Bossu