L’élue de la semaine: Béatrice Lejeune

B LejeuneUne femme de défis

Vice-présidente du Conseil régional de Picardie, maire de Bailleul-sur-Thérain (2075 hab.), Béatrice Lejeune est par ailleurs 1re fédérale du PS de l’Oise et tête de liste dans ce même département

Des mois qu’elle arpente le territoire. De l’inauguration du centre culturel Le Domino, à Méru, au salon photo des Sablons, en passant par la visite d’une expo à Maignelay-Montigny ou la fête de Feigneux, en présence de la secrétaire d’État chargée de la famille, de l’enfance, des personnes âgées et de l’autonomie, Laurence Rossignol, et du candidat tête de liste aux élections régionales, Pierre de Saintignon, Béatrice Lejeune fait feu de tout bois.

À quelques semaines d’une élection sous les projecteurs des médias, l’élue est en campagne. Tête de liste dans l’Oise, elle ne manque pas une occasion de dénoncer l’impéritie de la droite qui n’a eu de cesse de tout casser depuis son arrivée en mars à la tête du Conseil départemental. « Brigade anti-fraude, RSA, suppression de tous les renforts – notamment, les services sociaux , arrêt de la politique culturelle  40 % du budget du Musée départemental , mise à mal de chantiers importants pour le département, en particulier sur des liaisons routières majeures, alors que le nombre de morts sur les routes a été très élevé, cet été… La coupe est pleine !, assène-t-elle. Le tout, avec la complicité assumée et affichée du FN ».

À 49 ans, Béatrice Lejeune peut se prévaloir d’une solide expérience. Élue en 1995 conseillère municipale de Bailleul-sur-Thérain, elle en devient six ans plus tard la maire-adjointe, avant de décrocher en 2004 le mandat de conseillère régionale de Picardie. Elle en est aujourd’hui vice-présidente en charge de la territorialisation et du développement intégré des territoires, du logement, de la précarité énergétique et du tourisme.

Que de chemin parcouru. « On n’arrive jamais là par hasard », concède-t-elle. Sa plus grande fierté ? Son mandat de maire qu’elle occupe depuis 2014 au terme d’un long parcours, politique et associatif. La possibilité, surtout, de pouvoir peser sur le quotidien. De se battre pour obtenir des fonds européens. De relever des défis, aussi.

Originaire du sud-ouest, la jeune femme s’installe dans l’Oise pour y poursuivre ses études. Elle y rencontre Yves Rome, alors 1er fédéral, qui recherche un permanent de confiance. La militante relève le pari, conforte ses engagements. Membre de la FCPE, elle s’engage au sein de l’association “Femmes de liberté” où elle mène des actions solidaires autour d’ateliers à la citoyenneté, notamment en direction de jeunes publics. « L’associatif, c’est l’école de la vie, l’endroit idéal pour véhiculer messages et valeurs », confie-t-elle.

Peser sur le quotidien

Son mandat de maire lui est des plus précieux… « Parce qu’il est vraiment possible de changer la vie des gens, reconnaît-elle. Peser sur le quotidien, construire une mini-crèche, un jardin-passerelle, en milieu rural, dans une commune de 2 300 habitants… Traditionnellement, on ne voit ça qu’en ville. Il a fallu se battre pour aller chercher des fonds européens et pouvoir ainsi rendre un vrai service à la population ». Particulièrement dans l’Oise, dont l’exécutif départemental n’a pas vocation à développer ce type de service. Son prochain défi : l’obtention du label “éco-quartier” et le maintien d’une qualité de vie reconnue. « Mon ambition est de faire participer la population aux projets locaux dans le cadre d’une véritable politique participative, clame-t-elle. Le vivre-ensemble fait partie intégrante de notre quotidien ». Particulièrement à Bailleul-sur-Thérain. « Une commune de gauche », se plait-elle à souligner.

Bruno Tranchant

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°229 du 11 octobre 2015

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