L’élu de la semaine : Luc Carvounas

Elu de la semaine - Luc CarvounasLe temps de l’action

Sénateur du Val-de-Marne, maire d’Alfortville, secrétaire national du PS aux relations extérieures, Luc Carvounas est un homme pressé. Non de conquérir des mandats – c’est chose faite – mais pressé d’agir, et d’abord pour sa ville.

À 42 ans, Luc Carvounas dit s’être “programmé” pour être maire de sa ville natale depuis plus de 20 ans. Issu d’une famille d’origine grecque arrivée à Alfortville au début du siècle précédent, son maire n’a cessé de faire corps avec sa ville. Il y a même effectué son service civil dans le collège où il avait été élève. Si sa famille se situe plutôt à droite, lui s’est toujours senti de gauche. Socialiste, il avait envie d’adhérer au PS, mais préférait acquérir un bagage grâce à ses études – bac scientifique et DEA d’histoire ensuite – avant de s’engager.

C’est donc en 1995, à 24 ans, qu’il frappe à la porte de la section d’Alfortville et qu’il rencontre son maire, René Rouquet. Cette filiation, il la revendique toujours clairement, même si elle se fait dans l’autonomie. Dès 1998, René Rouquet prépare Luc Carvounas à l’idée de figurer sur sa liste aux municipales. Et le voici à 28 ans, en 2001, adjoint à la communication, à la politique de la ville, à la citoyenneté, à la sécurité et à la jeunesse. Devenu entre-temps secrétaire de section, il est reconduit comme adjoint en 2008 et devient aussi l’élu du canton nord avec 72 % des voix. Le jeune homme pressé, pour une fois, n’écoute pas René Rouquet et se présente avec succès pour être premier secrétaire fédéral. En 2009, il commence ce qu’il appelle un “compagnonnage” avec le maire d’Evry, Manuel Valls. Directeur de la campagne interne de 2011 pour la primaire socialiste de celui qui deviendra ministre de l’Intérieur en 2012, Luc Carvounas est du “premier cercle”.

Se remettre en question

En 2011, le contexte départemental fait de lui une tête de liste aux sénatoriales. Il est donc élu au Palais du Luxembourg en septembre. Mais surtout, un semestre plus tard, le 18 mars 2012, il devient maire d’Alfortville. Luc Carvounas est de ces hommes qui ont la mémoire précise, presque chirurgicale, des dates et des faits. Il peut citer des dates de meetings, leurs lieux, les leaders présents comme les résultats des élections dans sa ville ou son département. Et on le croit volontiers lorsqu’il dit qu’il faut « faire les choses en s’amusant… mais sérieusement ». C’est en tout cas la manière qu’il a d’aborder les questions dans cette ville qu’il qualifie de 21e arrondissement de Paris. «Je n’ai pas perdu mon rapport à la proximité et je ne me considère ni comme un notable ni comme un héritier politique. Il faut toujours savoir se remettre en question ». Il revendique aussi fièrement sa filiation avec ses deux prédécesseurs – Joseph Franceschi et René Rouquet, respectivement 23 ans et 24 ans de mandat comme maires – et veut le meilleur pour “sa” ville. Le meilleur, ce sont des loisirs sans aller les chercher à Paris, des services publics de qualité, une politique en faveur des personnes âgées qui est la marque de fabrique d’Alfortville et qui vaudra à Joseph Franceschi d’être titulaire du portefeuille dans le gouvernement Fabius.

Luc Carvounas veut aussi une “3e fleur” pour sa commune et s’attache à ce que les jeunes ménages puissent réaliser un parcours résidentiel sans quitter la ville. À la question de savoir ce que fait l’homme Carvounas de ses loisirs, il reste un moment sans réponse. Il reconnaît s’accorder des respirations pour une expo, une toile ou une pièce, mais l’affirme nettement : « Je travaille tout le temps. Je veux me sentir utile et surtout je ne veux pas perdre de temps ». Pour l’instant, donc, il court, fier de la confiance de ses administrés. Se voit-il se voit maire longtemps ? « Il faut savoir s’arrêter ! Je suis maire depuis 20 mois, je n’aurai pas la même énergie dans 20 ans ». Et même s’il ne sait pas encore précisément ce qu’il fera d’autre après, il sait que “le temps est limité”. Pas une minute à perdre !

Philippe Foussier