L’élue de la semaine: Annick Morizio

Annick MorizioEgalité et liberté de conscience

Annick Morizio est vice-présidente du Conseil général de la Haute-Vienne et dépu­tée suppléante de la deuxième circonscrip­tion. Chargée de la jeu­nesse et de la culture, elle attache une impor­tance particulière à la promotion de la laïcité

Annick Morizio fait partie de ces militants qui n’arrivent pas à dater précisément leur engage­ment : il est de toujours. Elle a baigné dans une famille à l’iden­tité politique bien trempée. Bien que ses parents n’aient jamais pris la décision de s’impliquer publiquement dans la vie po­litique, deux de ses aïeux, un grand-oncle et un grand cousin, ont été maires durant plus de 30 ans : « Ils ont marqué ma vie », déclare-t-elle. Afin de perpétuer l’engage­ment familial, en 2014 elle conduit la liste socialiste aux élections municipales de Condat-sur-Vienne, là où son grand-oncle a occupé le fauteuil de maire. La combinai­son d’un climat politique local compliqué avec le maire sortant et d’un climat natio­nal hostile au PS a eu raison de la victoire mais elle devient conseillère municipale d’opposition.

Un apprentissage sur le terrain

« Mon cheminement vers la politique a commencé par l’engagement associatif », confie Annick Morizio. Cette mère de deux enfants a été la présidente de la section FCPE de l’école primaire et du collège fré­quentés par ses enfants. Sa première ex­périence de campagne électorale remonte à 2004. Lorsque Jean-Paul Denanot lui propose de participer à l’élection régionale pour la circonscription de la Haute-Vienne, elle se sent prête à relever ce défi. Tout d’abord dans la mouvance écologiste, des désaccords locaux l’ont conduite à adhérer au PS la même année. « Cette expérience fut pour moi un apprentissage bénéfique de la campagne de terrain avec le tractage et le porte-à-porte. Même si je n’ai pas eu la pos­sibilité d’être élue, être sur la liste m’a per­mis de me mettre le pied à l’étrier », ajoute Annick Morizio. En 2008, elle est sollicitée pour être cette fois la candidate à l’élection pour le canton de Limoges-Condat. Élue, elle devient déléguée à la culture. En 2011, elle obtient la 7e vice-présidence du Conseil général, chargée de la culture, de l’enfance et de la solidarité. À ce titre, elle est prési­dente du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane qui selon elle « joue un rôle ma­jeur dans l’élaboration de la conscience citoyenne de la jeunesse ». Elle est aussi suppléante de Daniel Boisserie, député de la deuxième circonscription de la Haute- Vienne.

Laïcité et liberté des femmes

Femme d’engagement, elle allie son devoir d’élue et son activité professionnelle de dié­téticienne-nutritionniste à temps partiel au CHU de Limoges. À la fois dans ses activités politiques et professionnelles, Annick Mori­zio constate quotidiennement des atteintes faites à la laïcité et à la liberté des femmes, deux valeurs étroitement liées : « Les reli­gions sont souvent le symbole de l’inéga­lité des femmes par rapport aux hommes. En tant que femme politique, je ressens cette tentation de certains d’empêcher la jeunesse de grandir sereinement ». Elle déplore la trop grande part de la religion dans des espaces où elle ne devrait pas être ainsi que la mainmise de l’homme sur la femme, notamment à l’hôpital ou cer­taines femmes, sous la contrainte de leurs maris, sont obligées de refuser un régime alimentaire : cela va à l’encontre des soins apportés à la patiente. Dans le milieu mé­dical, les atteintes à la laïcité se multiplient. « Promouvoir le principe de laïcité est de­venu fondamental, c’est protéger les plus faibles de la pression des religions, c’est promouvoir la liberté de chacun et la paix entre tous », conclut Annick Morizio.

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°190 du 8 décembre 2014

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