L’élu de la semaine: Samuel Hazard

Pour le nouveau maire de Verdun, “Ma vie, c’est ma ville”

Samuel Hazard

Samuel Hazard, 35 ans, a conquis sur la droite la ville de Verdun aux dernières municipales. Pour ce professeur d’histoire, il s’agit de rendre à la capitale meusienne un dynamisme perdu

Il est d’une famille ouvrière et il en est fier. À huit ans, il envisageait déjà de prendre les rênes de la ville. Alors que son prédécesseur de droite s’accrochait à l’image guerrière de la cité, lui veut en faire un symbole de paix. « Il faut être près des gens, souligne-t-il comme un leitmotiv. C’est d’ailleurs là que réside la clé de notre victoire, comme je l’ai dit à François Hollande lorsqu’il m’a reçu à l’Élysée après notre victoire ». À 18 ans, il adhère au Parti socialiste. « J’appartiens à la génération Mitterrand, rappelle-t-il. François Mitterrand, c’était pour moi le modèle de l’homme d’État, cultivé, doué d’une vaste vision politique. Et Danielle Mitterrand est née dans notre ville. Je tiens à le dire ». En 2008, il est élu au conseil municipal aux côtés de Jean-Louis Dumont, le porte-drapeau de la gauche dans une municipalité aux mains de la droite.

Alors commencent les batailles pour que la vie de cette ville prestigieuse ne soit pas soumise aux caprices de la droite. Lutte contre les fermetures de collèges, pour la reconstruction du commissariat, sur l’image de la ville… Samuel Hazard prend le parti de promouvoir une cité conviviale, sociale et ouverte contre un maire qui voudrait qu’elle se replie sur elle-même. Il est ensuite élu au Conseil général, avant de reprendre le flambeau de la gauche aux municipales quand Jean-Louis Dumont décide de ne plus se représenter : « Je voulais y aller. Pour moi, c’était une évidence »

Vision ambitieuse

« Pour moi, être de gauche, c’est croire en l’homme, revendique-t-il. L’argent ne peut pas tout. Et aujourd’hui, il faut faire face à la montée des intégrismes. Telles sont les valeurs qui me motivent ». Afin de combler le fossé avec la population, il veut rendre vie à la démocratie participative dans sa ville. « Mon prédécesseur était distant avec les gens. Au contraire, je veux rester au plus près de la population, demeurer à son écoute.

C’est pourquoi j’ai rouvert la permanence des élus et je compte sur les conseils de quartier pour que nous puissions dialoguer avec les habitants et répondre à leurs attentes ». Il lui faut aussi restaurer l’attractivité du territoire, laissée en friche.

« J’ai ouvert de nouveau les cantines que l’on avait précédemment fermées. Et nous sommes fin prêts pour le passage aux nouveaux rythmes scolaires à la rentrée prochaine ». De même, il entend renforcer les services aux personnes âgées. « Quant à la communauté d’agglomération, elle deviendra réalité au 1er janvier 2015 et se fondera sur un consensus et non sur des rivalités. » Avec son histoire multimillénaire, Verdun dispose aussi d’atouts touristiques indéniables : « Nous sommes la deuxième ville la plus connue de France, mais les précédentes équipes n’ont pas su exploiter cette renommée ». Samuel Hazard entend valoriser ce passé prestigieux.

Il a rejoint la mission histoire et prépare la commémoration de la bataille de 1916. Mais pour accueillir les centaines de milliers de visiteurs qui viendront se recueillir sur le champ de bataille, le nouveau maire veut rénover les hébergements vétustes, ouvrir une nouvelle auberge de jeunesse. « Surtout, nous voulons devenir une capitale de la paix. Pour 2016, j’ai invité les chefs de 30 États, dont le président des États-Unis, mais aussi le secrétaire général de l’ONU. C’est le message de la paix dont je veux être porteur ».

Marc Viellard

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°171

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