L’élu de la semaine: Wilfried Schwartz

W SchwartzLa relève tourangelle

Wilfried Schwartz est maire de La Riche et vice-président de la Communauté d’agglomération Tour(s)plus. Il est également président de l’Union départementale des élus socialistes et républicains d’Indre et Loire, relancée depuis juillet dernier. Elu à 29 ans, il est le plus jeune maire socialiste d’une ville de plus de 10 000 habitants

Entré au MJS à l’âge de 17 ans, Wilfried Schwartz n’a pas accepté de voir l’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle de 2002. Bien qu’il ne soit pas issu d’une famille militante, il y a toujours été soutenu dans sa démarche. Ses études le mènent à l’Université de Tours, où il effectue un double parcours. Il y étudie le droit public mais aussi la santé publique et plus particulièrement la psychologie de la santé.

En 2007, il est le directeur de campagne de Marisol Touraine pour les élections législatives : «Ça s’est fait après une rencontre avec elle, j’avais besoin et envie de m’impliquer dans une campagne, d’en voir les coulisses», explique Wilfried Schwartz. La future ministre de la Santé l’emporte et il retourne terminer ses études. Alain Michel, alors maire de La Riche depuis cinq mandats, lui propose d’être son directeur de cabinet. Il y restera quatre ans, avant de se déclarer à la succession du sortant. «Il a souhaité passer la main après 31 ans de mandat. Ma candidature n’a pas été imposée par l’ancien maire, cela s’est fait naturellement», raconte Wilfried Schwartz.

Le dialogue coûte que coûte

Malgré le contexte compliqué des élections municipales de 2014, Wilfried Schwartz a réussi la transition générationnelle. Il n’a pas fait campagne sur les acquis mais a misé sur l’hyper-proximité, la concertation et sa conception de la gouvernance basée sur le collectif. «Être élu municipal, c’est faire partie d’une équipe. Nous avons lancé une dynamique qui perdure, même dans l’élaboration des grands projets municipaux. Par exemple, pour le nouveau PLU, nous avons mis en place un atelier de “cartoparties” où chacun peut contribuer grâce aux réseaux sociaux à l’élaboration du PLU de la commune», précise-t-il. Pour lui, «c’est important renouveler les modes de concertation et d’innover». Il mise sur le dialogue pour assurer le vivre ensemble : le magazine municipal porte d’ailleurs ce titre. Le conseil des jeunes va être remis en place d’ici peu et un adjoint est chargé du lien intergénérationnel et du devoir de mémoire. Il assure un travail transversal important, notamment en matière de laïcité. Le maire est également le premier interlocuteur pour les questions d’emploi sur la commune : «J’ai choisi d’avoir un chargé de mission “emploi” qui reçoit en mairie et accompagne les demandeurs d’emploi dans leurs démarches».

Les valeurs de la République

«Je vis ce mandat comme une mission où rien n’est jamais acquis. Mon engagement est d’abord militant, porteur de valeurs», confie Wilfried Schwartz. Il est fier de l’élan de solidarité qui a touché les Larichois dans l’accueil de 5 familles de migrants en septembre dernier. Ces familles se sont logées par leurs propres moyens, la municipalité jouant plutôt un rôle d’accompagnateur dans les démarches administratives. Wilfried Schwartz a fait savoir qu’il avait quatre logements supplémentaires disponibles. La commune a remis aux normes d’anciennes habitations de fonction pour un montant de 2 000 € et elle reçoit une dotation de 1 000 € par migrant accueilli. «Ce n’est donc pas une initiative coûteuse pour la collectivité. D’ailleurs, il n’y a pas de contreparties à demander lorsqu’il s’agit d’aider des populations qui fuient la guerre. C’est une question de devoir», assure-t-il. Avoir une réflexion forte sur les valeurs de la République n’est pas incompatible avec une politique locale de sécurité dans une France post-attentats. «Il faut de l’autorité mais pas uniquement des discours de sécurité», conclut Wilfried Schwartz.

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°236 du 5 décembre 2015

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