L’élu de la semaine : Alain Romero

La fibre militante

Alain Romero est maire d’Espondeilhan et vice-président de l’agglomération de Béziers où il mène un combat avec force et vigueur contre les prises de position de Robert Ménard

Après un passage par l’école normale de Montpellier, Alain Romero devient enseignant et choisi, dans un premier d’orienter sa carrière vers l’international. Après un séjour en Iran, en Guinée Conakry et en Indonésie, il pose ses valises en Arabie saoudite. Il y restera 5 ans. «Cette expérience dépaysante a vraiment été un choc culturel et notamment en Iran où j’ai vécu la révolution de l’intérieur étant enseignant dans l’école où les enfants du Shah étaient scolarisé. Puis, en Arabie saoudite, il a fallu faire face à un conflit entre mon employeur et ma position de syndicaliste. Le sénateur des Français de l’étranger, Guy Penne est venu me soutenir car “on ne vire pas un représentant du personnel”. Cela m’a permis d’acquérir une grande qualité de regard sur ce qui se passe ailleurs dans le monde», se souvient Alain Romero.

De retour en France pour permettre à son fils de retrouver une vie scolaire plus classique, Alain Romero décide de s’installer dans l’Hérault. Il y prend des responsabilités syndicales auprès de l’UNSA, puis de la Ligue de l’enseignement. «J’ai attendu de ne plus avoir d’engagements syndicaux pour me lancer en politique. C’est ce qui arrive en 2001 et je me suis lancé avec l’envie de construire et de contribuer à quelque chose pour la commune d’Espondeilhan, dont mes grands-parents sont originaires», précise Alain Romero.

Faire vivre les valeurs

Il tente alors de se faire une place dans ce village qui a plutôt une mentalité qu’il qualifie de “notables viticoles”. «Il a fallu se battre pour imposer mes idées. Certaines valeurs ne sont, pour moi pas négociables, comme le vivre ensemble et l’humanisme», ajoute Alain Romero, qui est également président du Comité Laïcité République du Grand Biterrois. Malgré le fait que ce soit un village de 1 000 habitats, Espondeilhan connaît un mal qui gagne de nombreuses communes et pas uniquement rurales : celui du repli sur soi et de la non-communication. Alain Romero tente alors de contrer ce problème en créant un festival de la conversation : «L’idée, c’est de se mettre au cœur du village pour faire que les gens se parlent. On réfléchit même à installer un canapé dans le centre. Je ne souhaite pas que nous devenions un village dortoir où les habitants ne s’adressent pas la parole et où ils ne s’impliquent pas dans la vie locale», déclare Alain Romero qui regrette que le conseil consultatif de vie qu’il avait mis en place n’ait pas fonctionné comme il l’espérait. Pour sa commune, Alain Romero a fait le choix d’une mutualisation. Non pas à l’échelle de l’agglomération mais plus locale encore, avec 4 ou 5 communes alentours notamment en ce qui concerne l’école, le centre de loisirs ou la police municipale.

Combattre l’extrême droite

Depuis 2014, Alain Romero est vice-président de l’agglomération de Béziers où il est chargé des Ressources humaines, de la Démocratie participative et du suivi des Fonds européens. «Depuis mon arrivée, je ne cesse de combattre Robert Ménard. Dans un premier temps, j’ai fait tout ce qu’il m’était possible de faire pour qu’il ne prenne pas la présidence de l’agglomération. Et nous avons réussi. Puis, je me suis encore confronté à lui pour la présidence du conseil de surveillance de l’hôpital, dont il briguait aussi la place en raison de sa position de maire de la ville centre. C’est la compétence qui l’a emporté sur le choix politique face à Robert Ménard», explique Alain Romero.

La politique mise en place par l’agglomération subie les affres de ce maire d’extrême-droite. Les autres maires ont bien du mal à se faire entendre. «Nous devons nous méfier à chaque instant de Robert Ménard, qui est un très bon communicant. Il sait donner l’illusion et surfer sur des virtualités. Pour le contredire, je me base sur les faits. Il y a toujours de grandes différences entre ses annonces et les actes concrets. Je mets le doigt sur les contradictions qu’il porte. Il mène une politique destructrice et provocatrice en finançant le privé et en omettant de s’occuper des quartiers populaires», ajoute Alain Romero qui admet que la situation est difficile à vivre et que malheureusement, il perd beaucoup de temps à tenter de contrer le maire de Béziers.

Julien Bossu