L’élu de la : Sébastien Pietrasanta

Le début du reste de sa vie

Député de la 2e circonscription des Hauts-de-Seine, Sébastien Pietrasanta a annoncé qu’il ne briguerait pas un second mandat. Il a pris la décision de se retirer de la vie politique « Sans aucun regret ni aucune amertume ». À la veille de son 40e anniversaire, c’est pour Sébastien Pietrasanta le début du reste de sa vie

Docteur en histoire contemporaine, Sébastien Pietrasanta est professeur de Lettres et d’Histoire en lycée professionnel. C’est d’ailleurs une rencontre avec un professeur d’histoire en classe de troisième qui l’a éveillé au traitement de l’actualité et de la politique. Il développe son goût pour le militantisme lors de ses années lycées, notamment auprès du syndicat lycéen FIDL, dont il deviendra le vice-président. Il milite également à la même époque auprès de SOS Racisme. « J’ai très tôt ressenti le besoin de m’engager », confie Sébastien Pietrasanta, qui à l’âge de 16 ans décide de rejoindre le Parti Socialiste et de s’investir pleinement dans le milieu associatif de sa ville, Asnières-sur-Seine.

Un socialiste en terre de droite

Sa première confrontation avec les électeurs se fait lors des municipales de 2001. Sébastien Pietrasanta entre au conseil municipal et devient le plus jeune conseiller qu’Asnières-sur-Seine ait connu. Pour lui, « Lorsque l’on s’engage, il ne faut pas faire les choses à moitié. Même si cette première élection ne s’est pas soldée par une victoire, ce passage au sein de l’opposition municipale a été très formateur ». Fin 2007, il est désigné, par les militants socialistes, pour mener la liste aux élections municipales de 2008, qu’il remporte. Il est alors le plus jeune maire des Hauts-de-Seine. « Malgré une campagne très difficile, surtout durant l’entre-deux tours, nous avons surpris tout le monde en gagnant la mairie », explique Sébastien Pietrasanta, qui se présente à sa propre succession lors des municipales de 2014. Il perd avec une différence de 69 voix au profit de son adversaire de droite. Une élection partielle a lieu en juin 2015 après l’annulation du premier scrutin à la suite d’irrégularités constatées par le Conseil d’État. Il est de nouveau défait.

En 2004, il est élu aux élections régionales sur la liste de Philippe Kaltenbach. Il restera conseiller régional jusqu’en 2012. Mandat qu’il abandonnera lorsqu’il sera élu député de la 2e circonscription des Hauts-de-Seine en juin 2012.

Le monsieur terrorisme de l’Assemblée nationale

« Je me suis spécialisé à l’Assemblée, au sein de la commission des Lois, sur les questions de sécurité et de terrorisme, et ce bien avant les attentats de 2015, parce que j’avais envie de m’occuper de ces problématiques », explique Sébastien Pietrasanta. Il a été vice-président de la Commission d’enquête sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés. Dans la foulée, il est missionné par le ministre de l’Intérieur afin de rédiger un rapport sur la déradicalisation. Ce dernier présente 37 mesures pour tenter de réinsérer les personnes radicalisées et empêcher que d’autres ne tombent dans l’engrenage de la radicalisation « Il existe aujourd’hui des programmes de déradicalisation en milieu carcéral et des quartiers dédiés ont été créés afin d’éviter le prosélytisme auprès des autres détenus. Pour ceux qui ne sont pas judiciarisés, il est mis en place des centres de déradicalisation », explique l’élu des Hauts-de-Seine.

En février 2016, il est rapporteur de la Commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015. « Nous avons réussi à produire un travail de qualité et transpartisan et dont les conclusions sont reconnues par tous », ajoute-t-il.

Rapporteur du projet de loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, Sébastien Pietrasanta a proposé de renforcer le plan gouvernemental de lutte contre la radicalisation violente et les filières terroristes. Cette loi permet la pénalisation des propos faisant l’apologie du terrorisme, notamment pour “les propos tenus sur la toile”. Depuis novembre 2015, il est secrétaire national du PS chargé des questions de sécurité.

Sébastien Pietrasanta fait parti des députés qui ont exprimé leur volonté de ne pas se représenter aux prochaines élections législatives. « J’ai décidé de ne pas me représenter aux élections législatives de juin prochain. J’ai très tôt occupé d’importantes responsabilités et souhaite dorénavant me consacrer à une deuxième vie », déclare le député, qui hésite encore entre reprendre ses fonctions dans le professorat ou mettre à profit son expertise sur les questions de sécurité et lutte contre le terrorisme.

Julien Bossu