L’élu de la semaine: Nicolas Brien

Nicolas BrienDes racines et des ailes

Pourquoi Montluçon ? C’est Bernard Lesterlin qui lui donne sa chance et lui met le pied à l’étrier. Il a été son fidèle collaborateur, soutient Ségolène Royal comme lui depuis longtemps et a toute sa confiance. Il devient son suppléant lors de l’élection légis­lative de juin 2012, qui voit le député de l’Allier reconduit au Palais-Bourbon

Nicolas Brien n’est pas originaire de l’Allier. Il est natif de Trappes, dans les Yvelines, où il a grandi. Il n’a rien d’un privilégié, rien d’un héritier, tout d’un jeune homme « normal », c’est-à-dire qui tra­vaille, suit ses études et poursuit sa route sans demander de passe-droit ni d’ail­leurs s’infliger beaucoup d’interdits. Cela n’empêche pas la droite locale de railler le « bobo » « parachuté » et donc forcément suspect. Nicolas Brien fait un choix de vie : s’investir en politique, localement et na­tionalement, par l’action concrète au quo­tidien et par l’imagination de ce que peut être la gauche de demain. Toujours entre deux trains, toujours en action, nul doute qu’il aime profondément ce petit coin de France où il s’est établi.

Temps réel

Il pratique la boxe dans un club de Mont­luçon. Est-ce ce qui lui a donné l’envie de mettre quelques droites à son propre parti ? Animateur du collectif Inventons Demain, rassemblant fréquemment de jeunes secrétaires de section du PS qui multiplient les propositions et initiatives iconoclastes, il fait parler de lui. « L’inter­diction du parachutage » fait ainsi partie des propositions relayées par la presse au cours de l’été 2014…

Déranger ne le gêne nullement. Peut-être le doit-il à son apprentissage précoce de la politique. C’est en effet en faveur de Sé­golène Royal qu’il fait campagne lors de la primaire de 2011. Il participe à la direction de sa campagne et publie des textes rela­tifs à la politique économique. Il y croise Najat Vallaud-Belkacem, devient par la suite chargé de mission à son cabinet. Au ministère, il suit les études d’opinion puis choisit de quitter ses fonctions pour fina­lement travailler dans un grand institut de sondages. À vingt-cinq ans, il décide de mener de front deux parcours : l’un poli­tique et l’autre professionnel. Cela ne l’em­pêche d’ailleurs nullement de faire preuve de professionnalisme en politique, de sa­voir faire et encore moins de faire savoir… Au quotidien, son mur facebook permet de suivre ses rencontres : selfies avec les électeurs, photos de visites d’ateliers et d’usines, de présence au monument aux morts, en temps réel, tout un chacun peut suivre le parcours de Nicolas…

Ses relations avec le maire de Montluçon ne sont pas au beau fixe. Il déclare ainsi ré­cemment : « Plus je creuse ses comptes et plus je découvre la face sombre qu’il cache aux Montluçonnais. ». De quoi s’agit-il ? Du cumul indemnités et frais de représenta­tion du maire en place. Les déclarations de Nicolas Brien ne passent pas inaperçues, en tout cas pas de l’édile de Montluçon qui ne tarde pas à l’attaquer en justice, sans que cela trouble véritablement son jeune opposant… Un peu d’astuce, d’espièglerie, c’est la vie de Nicolas Brien !

Gaël Brustier

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°191 du 14 décembre 2014

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