Isabelle Lajoux

Elue - Isabelle Lajoux

Un engagement tardif révélateur de surprises

 

Isabelle Lajoux est arrivée en politique comme certains se lancent dans la collection de timbres, souvent les débuts se font un peu par hasard, puis cela devient une vraie passion.

 

Maire de Savolles, conseillère régionale de Bourgogne et suppléante de François Rebsamen au Sénat, Isabelle Lajoux gravit progressivement les marches pour asseoir son engagement. Élue maire en 2001 sur une liste sans étiquette, Isabelle Lajoux est pourtant profondément ancrée à gauche. Cette mère de famille a grandi dans un foyer de fonctionnaires socialistes, un père enseignant et une mère travaillant dans le milieu hospitalier. Arrivée à la tête de la mairie, isabelle Lajoux passe à mi-temps dans son emploi dans une banque pour s’investir dans cette nouvelle mission. Elle construit son équipe municipale et n’hésite pas à discuter avec les maires des villages alentour, membres de la Communauté de communes de Mirebellois. Dorénavant, elle est la présidente de l’Union des élus socialistes et républicains de Côte-d’Or. Son engagement local grandit : en 2008, Isabelle Lajoux est sollicitée par François Rebsamen, le maire de Dijon. Il recherche un ticket pour les élections sénatoriales. Une femme de gauche, élue rurale de surcroît, est la personne idéale pour le représenter sur le territoire, lorsqu’il est retenu au Sénat. Elle découvre les campagnes de terrain, les réunions d’information. Elle devient sa suppléante et une complicité politique voit le jour. Dans le même temps, elle est réélue à la tête de sa commune.

 

Complémentarité ville-campagne

 

Isabelle Lajoux prend confiance en sa mission de représentation des citoyens ; elle se présente aux régionales en 2010 sur la liste de François Patriat, aujourd’hui président de la Région Bourgogne. Elle est élue après une campagne qu’elle avoue longue et difficile. Elle se met en disponibilité de son travail pour se consacrer pleinement à ses nouvelles missions. À la région, Isabelle Lajoux est membre de la commission des transports ferroviaires, mais c’est dans celle des appels d’offres qu’elle se forme aux affaires politiques. « Cette commission me permet de toucher à tous les domaines (lycée, transport, formation professionnelle, culture…). C’est une approche transversale utile pour prendre en considération toute l’importance de la politique de la Région », précise- t-elle.  Cette commission représente le passage initiatique la familiarisant encore plus avec le rôle d’élue locale. En 2011, elle fait l’amère expérience de la défaite électorale lors des cantonales. Elle prend conscience que le jeu politique ne se contente pas d’opposer des candidats de partis différents mais peut aussi être une rivalité entre prétendants du même bord. Avec trois candidats de gauche au premier tour, elle accède au second mais aucun des deux vaincus n’appelle à voter pour elle. C’est offrir le poste à la droite…

Isabelle Lajoux représente le tandem ville-campagne dans sa multiplicité et ses contradictions. Son action se base sur cette relation entre l’urbain et le rural et la notion de “rurbain” : « Il faut sortir de l’opposition ville-campagne. Tous les ruraux sont en relation avec l’urbain ! Le lien est inéluctable, toute personne résidant à la campagne est obligée de se rendre en ville », conclut Isabelle Lajoux, candidate à sa succession et fière de son bilan municipal.

Julien Bossu