Travailleurs saisonniers : le rôle des collectivités

Un débat sur le statut des travailleurs saisonniers a eu lieu au Sénat le 27 janvier. Il a permis aux sénateurs de présenter les difficultés que connaissent ces travailleurs, qui ne bénéficient pas d’un statut juridique spécifique alors même qu’ils sont soumis à des conditions de travail et de logement souvent difficiles.

Première intervenante pour le groupe socialiste, Anne Emery-Dumas (Nièvre) a rappelé les chiffres concernant le travail saisonnier : 1,3 million chaque année, principalement dans l’agriculture et l’hôtellerie. Le travail saisonnier ne concerne plus seulement les jeunes, mais de plus en plus les chômeurs de longue durée et les personnes en grande précarité. La loi relative à la lutte contre la concurrence sociale déloyale de juin 2014, dont Anne Emery-Dumas était rapporteure, a renforcé les contrôles et les sanctions contre les entreprises qui recourent de manière abusive aux travailleurs détachés. Les collectivités ont un véritable rôle à jouer en matière de structuration et de stabilisation de l’activité des saisonniers, comme l’a indiqué le secrétaire d’Etat Mathias Fekl.

Henri Cabanel (Hérault) a de son côté évoqué les actions de structuration de l’emploi saisonnier menées en Languedoc-Roussillon, avec près de 90 groupements d’employeurs créés ainsi qu’un GEIQ qui a permis de former 60 personnes. Franck Montaugé (Gers) s’est interrogé en ce sens, exprimant sa volonté de favoriser la création de groupements d’employeurs saisonniers, notamment dans les territoires ruraux. En conclusion, Mathias Fekl a souligné la volonté du gouvernement de trouver des solutions pratiques, basées sur les expérimentations locales, comme celles des résidences mixtes pour étudiants pendant l’année universitaire et pour saisonniers durant la saison estivale ou encore les maisons des saisonniers. Le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur et au Tourisme a souhaité que ce débat soit le début d’un travail interministériel exigeant et ambitieux.

Yohan Letertre

Cette brève est extraite de la lettre de Communes de France n°198 du 3 février 2015

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