« Transition énergétique: une loi qui marie diversité et unité », par François Brottes

Franois Brottes

Avec le texte adopté la semaine dernière à l’Assemblée, la France change de modèle énergétique. À la différence du “Grenelle” de l’environnement qui, sous le quinquennat précédent, était resté muet sur le nucléaire, cette loi em­brasse toutes les sources d’énergies.

Attendue et concertée, elle est ambi­tieuse parce qu’elle dessine des objectifs clairs, mais pragmatique parce qu’elle démultiplie les outils pour y parvenir. Elle est sobre parce qu’elle s’en tient à l’essentiel, sans ligoter les acteurs avec des règles trop tatillonnes. Elle invite à des rendez-vous réguliers, où les actions entreprises seront confrontées aux chan­gements, inévitables et imprévisibles, du “paysage énergétique mondial”.

Le projet qu’elle porte concerne chaque territoire, chaque habitant, chaque entre­prise, chaque association. Il doit susciter une mobilisation sans égale, enclencher le mouvement au-delà des clivages idéo­logiques, des querelles technologiques, des antagonismes partisans.

Cette loi concilie la diversité des initiatives des territoires, reflet de la pluralité des sources et des besoins en énergie, avec la péréquation nationale et ses deux co­rollaires, l’unité qu’elle requiert et l’égalité qu’elle permet, quelles que soient les si­tuations. Elle porte en elle une centralité qui est pleinement assumée, en même temps qu’elle libère les initiatives des ac­teurs locaux.

Car le rôle que les collectivités sont ap­pelées à jouer est considérable : elles possèdent les réseaux de distribution et la compétence en matière d’urba­nisme, doivent être des acheteurs pu­blics exemplaires, sont au contact per­manent des habitants, des associations, des entreprises. L’incitation à la sobriété énergétique, le soutien aux énergies re­nouvelables ou l’accompagnement des particuliers dans leurs démarches d’éco­nomies d’énergie ou d’autoconsomma­tion, passent par les territoires. Qui, mieux qu’eux, peuvent convaincre nos conci­toyens que rénover les bâtiments va ré­duire les factures et donner du travail aux artisans, mais aussi baisser les prix de l’énergie, ou encore diminuer la pollution et le déficit de la France ? Qu’il s’agisse de favoriser le recyclage, valoriser la récupé­ration, utiliser des moyens non polluants pour nous déplacer, financer des projets audacieux ou impliquer chacun au plus près de chez lui, dans son quartier ou son village, accélérer le mouvement déjà ini­tié par de nombreux acteurs locaux est une condition indispensable du passage réussi à un nouveau modèle énergétique français. Cette mobilisation générale vise à garantir l’avenir de nos enfants et celui de la planète, avec des trucs simples à mettre en oeuvre, des projets faciles à ré­aliser. Alors, pour une fois, rassemblons toutes nos énergies, afin d’engager un mouvement qui fera notre fierté dans les années futures.

François Brottes, député de l’Isère, président de la commission spéciale de l’Assemblée nationale sur le projet de loi transition énergétique

Cet éditorial est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°182 du 14 octobre 2014

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