« Pour nos territoires, nous avons besoin d’une autre Europe »

CambaLa défaite de la gauche aux élections municipales est d’une ampleur historique qui ébranle le Parti jusque sur ses bases. Ce socialisme municipal fondé avec Paul Brousse, triomphant en 1977 et en 2008 qui façonna une gauche territoriale faite d’élus locaux qui tracèrent des années durant le sillon où se trouvent les racines de la victoire de la gauche en 2012.

La reconquête du pouvoir est toujours partie de ces laboratoires du changement et ces éléments d’un bouclier social quand la droite était au pouvoir et qu’elle s’attaquait à la solidarité. Nos élus locaux avaient un bon bilan, ils étaient soutenus par des militants qui se sont dépensés sans compter et pour qui l’amertume alourdit le poids de la défaite.

Si les municipales sont derrière nous, il faudra néanmoins reconstruire, rénover, remailler en restaurant nos bases locales. Ce qu’il y a devant nous, ce sont les élections européennes. Dans leur colère, les Français condamnent l’étroitesse des marges de manoeuvre qui brident les possibilités de redressement que veut réussir ce gouvernement à cause d’une donne européenne qui tourne le dos à la croissance et à l’emploi.

Pour redresser le pays, il faut réorienter l’Europe grâce à une nouvelle majorité qui élira une nouvelle Commission européenne. Si on veut changer l’Europe pour qu’elle soit Notre Europe, celle de la croissance durable, de la priorité à l’emploi des jeunes. Si on déplore que les Européens s’éloignent de l’Europe, c’est peut-être parce que l’Europe, telle qu’elle est, s’est éloignée des Européens.

Il faut panser nos plaies tout en repartant au combat car la prochaine occasion de changer l’Europe est le 25 mai prochain. Ce changement est à portée de main. Martin Schulz incarne ce changement. Lui, l’ancien maire d’une petite ville allemande jumelée avec une petite ville bretonne, n’a jamais cessé d’être cet élu local dont la gouaille et l’obstination sont des atouts pour débureaucratiser l’Europe afin de la démocratiser.

Nous connaissons bien l’importance de l’Europe pour nos territoires. La cohésion de l’Union européenne repose sur des collectivités locales qui font vivre la solidarité. Les conservateurs veulent l’affaiblir. L’extrême droite veut les détruire.

Ne les laissons pas faire. Aujourd’hui, la défense de nos territoires et leur développement passe par la conquête d’une majorité progressiste au Parlement européen. Avec vous, je veux y contribuer de toutes mes forces.

Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la campagne pour les élections européennes, Député de Paris

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°161-162, du 13 avril 2014