Une révolution douce pour l’école, par Colombe Brossel

Edito - Colombe Brossel

Pour  la  première  fois  depuis plus de 10 ans, la rentrée des classes  aura  été  entièrement préparée  par  un  gouvernement  de  gauche.  Et  les  priorités  affichées  pendant  la  campagne présidentielle  trouvent  leurs  premières concrétisations. Ainsi, l’hémorragie sans précédent  qu’avait  connue  l’Éducation nationale est-elle stoppée : plus de 8 200 enseignants  nouveaux  arrivent  à  cette rentrée,  ce  qui  va  permettre  de  rouvrir des  classes  et  de  faciliter  les  remplacements nécessaires.

 

De  même,  la  priorité  accordée  au  primaire  trouvera  sa  concrétisation  dans l’ouverture des très petites sections, pour les enfants de moins de trois ans, mais aussi grâce au dispositif “plus de maîtres que de classes”, qui va permettre de renouveler  les  temps  pédagogiques  et  de différencier  les  séquences  en  fonction des besoins des effectifs.

Les  nouveaux  professeurs  retrouvent également  une  formation  initiale  et continue,  assurée  par  les  Écoles  supérieures  du  professorat  et  de  l’éducation (ESPé).  De  plus,  l’accompagnement  des enfants  en  situation  de  handicap  sera considérablement  amélioré,  avec  l’embauche de 8 000 contrats aidés, la stabilisation des auxiliaires de vie scolaire et l’accentuation de la formation de tous les personnels.  L’école  numérique  devient également une réalité.

Pour  beaucoup  de  collectivités,  cette rentrée est aussi l’occasion de mettre en œuvre  la  réforme  des  rythmes  éducatifs,  qui  constitue  une  des  pierres  de  la Refondation de l’école. Un quart des élèves scolarisés dans les écoles publiques reviendra  à  la  semaine  de  quatre  jours et  demi,  pour  alléger  les  journées  d’apprentissage et offrir, en complément, des activités  périscolaires  de  qualité.  Cette réforme,  qui  se  généralisera  en  2014, constitue un des leviers importants pour lutter contre la reproduction des inégalités.  Elle  permettra  également  de  mettre à profit les nombreuses richesses de nos collectivités  au  service  des  enfants,  que ce soit dans le domaine sportif, culturel ou  encore  de  l’apprentissage  de  la  citoyenneté.

Dans  un  contexte  budgétaire  contraint, l’effort du gouvernement en faveur de la jeunesse s’accompagne d’un partenariat renouvelé entre l’Éducation nationale et les collectivités. C’est une occasion unique de reconstruire des passerelles entre nos pratiques locales et l’ambition nationale.

Nul  doute  que  la  Refondation  de  l’école constitue une révolution douce, dont les effets commencent à se faire sentir dès la rentrée 2013, et qui aura des conséquences positives, pérennes et profondes.

Colombe Brossel, Déléguée nationale de la FNESR à l’éducation