« Rénover notre démocratie », par Matthias Fekl

Mathias FelkNotre pays traverse une crise profonde qui n’est pas seulement économique et sociale : c’est aussi une crise démocratique, une crise de confiance. C’est l’un des messages que nos concitoyens ont exprimé lors des dernières élections municipales, qui se sont tenues dans un contexte national extrêmement difficile.

C’est dans le cadre de cette crise démocratique que le Parlement a définitivement adopté, début 2014, la loi interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de parlementaire à compter de 2017. Conforme à l’engagement numéro 48 du candidat François Hollande, cette loi s’inscrit dans la longue série des avancées portées par la gauche en matière de non-cumul des mandats et de modernisation de notre démocratie.

La droite, quant à elle, s’est de manière presque unanime opposée à cette loi. La nécessaire rénovation de notre démocratie ne peut ni ne doit se faire en stigmatisant les élus, dont le travail de terrain et de proximité est plus que jamais indispensable. Le non-cumul des mandats doit au contraire être un levier de renouvellement de la vie publique, en facilitant l’accès de nouvelles personnalités aux mandats et fonctions électives. Pour déployer tous ses effets, cette réforme appelle des prolongements.

Au niveau local, la question de la réforme territoriale reste posée. La France de demain est à inventer ; les expériences et bonnes pratiques doivent être valorisées et davantage écoutées ; l’efficacité de l’action publique et la présence de services publics de qualité sur tout le territoire sont des critères incontournables pour toute réforme territoriale réussie. Par ailleurs, d’importantes réflexions sont en cours au sujet du statut de l’élu, notamment pour faciliter l’articulation entre l’exercice d’un mandat et la vie professionnelle.

Au niveau national, nous devons inventer le Parlement de l’après-cumul, qui sera nécessairement différent. Il devra légiférer mieux – et donc parfois moins ! Ses pouvoirs en matière budgétaire devront être renforcés. Il lui appartiendra aussi de contrôler de manière approfondie l’action du gouvernement, d’évaluer les normes et les politiques publiques menées. Telles sont parmi les principales missions des parlements dans les grandes démocraties modernes, il n’y a aucune raison que la France ne parvienne pas à avoir un Parlement qui soit un vrai contre-pouvoir au coeur de nos institutions.

Démocratie représentative, démocratie participative, association des citoyens, mobilisation de nouveaux outils notamment informatiques : autant de chantiers d’avenir pour moderniser notre République.

Matthias Fekl, secrétaire national du PS chargé de la laïcité et des institutions, député du Lot-et-Garonne, conseiller régional d’Aquitaine

Cet éditorial est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°165, du 11 mai 2014

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