Le redressement passe par le partenariat avec les collectivités territoriales, par Claudy Lebreton

Edito - Claudy LebretonJe crois d’abord en la confiance et au partenariat entre le gouvernement et les collectivités pour mettre en mouvement la France ». Cette adresse de Jean-Marc Ayrault aux parlementaires est un engagement essentiel du nouveau gouvernement. En effet, l’avenir des territoires ne se résume pas à la question des responsabilités des seules collectivités.

 

C’est parce qu’il y a des crises (morale, financière, économique, etc.) qu’un approfondissement de la démocratie locale s’impose. La tentation aurait pu être celle du repli, alors que c’est de l’audace, du courage et de la créativité qu’il faut mobiliser. La nouvelle étape de la décentralisation doit être aussi celle de la responsabilité: responsabilités d’un État stratège, responsabilités de collectivités solides et financièrement autonomes, responsabilités de citoyens concernés par l’avenir de l’action publique.

L’objectif n’est pas de révolutionner la décentralisation mais d’approfondir ce qui fonctionne déjà bien et de rendre plus efficient ce qui peut l’être.

Dans un contexte de crise économique et financière sans précédent, il est à mon sens important que l’État soit dégagé de certaines compétences pouvant être mieux assumées en proximité par les collectivités territoriales. Quant à ces dernières, elles devront à nouveau disposer des leviers budgétaires capables de garantir leur libre administration.

Comme ils le font depuis des années, les départements s’engagent à assumer« pleinement leur rôle dans l’effort de redressement national.

Mais pour atteindre cet objectif, l’urgence c’est le financement des collectivités. Celles-ci doivent disposer des capacités d’assumer leurs compétences tout en faisant vivre des politiques publiques adaptées à la réalité de leurs territoires.

C’est un enjeu économique urgent pour aujourd’hui car il s’agit du développement de l’emploi et de la lutte contre le chômage dans tous les territoires de France.

C’est l’accès au crédit bancaire, en général, qui est aujourd’hui compromis, d’autant plus que la création d’une banque dédiée au secteur local prend du retard. L’urgence, c’est la création d’une véritable banque publique d’investissement des collectivités. L’agence des collectivités est un bon outil complémentaire de la banque publique.

Retrouvons l’esprit originel des années80 qui avait présidé à la création de la CAECL, un projet qui n’a pas vieilli, et qui est encore plus pertinent aujourd’hui qu’hier. Saisissons nous tous de cette opportunité et ne ratons pas ce défi pour le renouveau de l’action publique.

Claudy Lebreton président de l’Assemblée des départements de France, président de l’Union des élus locaux et régionaux socialistes d’Europe