Pour la reconquête 
des Hauts-de-Seine

Fatoumata Sow Fatoumata Sow est conseillère municipale d’opposition à Colombes et la nouvelle présidente de l’Union des élus socialistes et républicains des Hauts-de-Seine

C’est à Colombes que s’installe Fatoumata Sow à l’âge d’un an et demi avec sa famille tout droit arrivée du Mali. Commune qu’elle n’a jamais quittée : « J’éprouve un réel et profond attachement pour cette ville qui a su accueillir ma famille ». En 2007, elle a 19 ans et constate la violence de la politique menée par le Président de la République nouvellement élu. « Je réalise les dégâts de la politique qu’il souhaite mettre en place. J’ai donc décidé de rejoindre la famille politique qui correspond à mes valeurs », ajoute Fatoumata Sow, qui prend sa carte au PS dès octobre 2007. Rapidement, elle s’investit au sein de la section de Colombes et dans la campagne des municipales de 2008. La tête de liste, Philippe Sarre, lui demande de prendre la direction du comité de soutien : « Je suis une militante de terrain. Ce territoire, je le connais bien, c’est le mien. J’y ai grandi, j’y vis et je comprends ses problématiques et les attentes des habitants », confie Fatoumata Sow.

La politique par choix

« En parallèle de mon engagement politique, j’ai continué mes études à l’Institut d’études politiques de Paris. J’ai eu la possibilité d’intégrer cette école grâce aux conventions d’éducation prioritaire et je suis très fière d’avoir pu y faire mes études », précise Fatoumata Sow. Elle se destinait à une carrière dans le journalisme. Elle est partie au Canada pendant trois mois afin de travailler pour un journal de quartier. Elle a ensuite fait un stage au sein du service communication de l’Ambassade de France à Londres. Elle a également participé à la création de “Sciences Po TV” dans le but de « créer une interface entre le monde public et la grande école ». Elle y traite de sujets politiques comme lorsqu’elle y organise un débat entre les différents candidats aux élections régionales de 2010. Puis elle oriente son parcours professionnel vers la politique en intégrant la mairie de Colombes, d’abord en tant que chargée de mission puis comme chef de cabinet de Philippe Sarre. En 2011, elle est suppléante pour les cantonales : « Nous avons formé un véritable binôme avec Bernard Lucas, nous avons travaillé ensemble dans la rédaction du projet de campagne. Cette égalité de traitement m’a permis d’avoir une place prépondérante dans cette campagne. Une fois élue, j’ai travaillé avec lui – en tant que stagiaire – au Conseil général. Cette rencontre m’a permis d’affiner ma construction politique au sein du PS », explique Fatoumata Sow. Elle se souvient avec émotion de sa prise de parole lors du premier meeting de campagne de François Hollande afin de défendre la jeunesse, l’égalité et la justice sociale.

Agir pour son territoire

Son investissement au sein de la section lui vaut d’être appelée sur la liste pour les municipales de 2014. « Être une élue d’opposition est hyperformateur, notamment lorsque la majorité passe son temps à détricoter tout le travail qui a été fait lors de la précédente mandature. Nous devons faire face au non-respect des droits de l’opposition que ce soit pour le droit à la formation ou pour le temps de parole », ajoute Fatoumata Sow, qui indique « ne pas avoir connu un conseil municipal apaisé depuis 2014 ». Côté professionnel, elle devient en 2015 la collaboratrice parlementaire de Claude Bartolone en circonscription.

Le 2 juin dernier, elle est la nouvelle présidente de l’UDESR 92. Elle succède au sénateur Philippe Kaltenbach : « J’ai la chance de reprendre une Union départementale en bon état de fonctionnement. Nous sommes dans une optique de reconquête de nos territoires. Cela se fera en répondant aux attentes des nouveaux élus et des nouveaux enjeux en réorientant la formation des élus pour qu’elle soit plus en phase avec la réalité du terrain (opposition, Grand Paris…) », conclut Fatoumata Sow.

Julien Bossu