Un rapport sénatorial sur l’islam de France

La mission d’information sur l’organisation, la place et le financement de l’Islam en France et de ses lieux de culte a remis son rapport le 6 juillet. Partant du constat que l’Islam est encore souvent vu comme une religion de l’étranger, voire comme une religion étrangère, les sénateurs ont choisi de comprendre ce qui provoque les incompréhensions et les clivages qui entourent la religion musulmane. La mission d’information a effectué un travail de six mois dans un climat consensuel, qui a permis d’identifier les conditions d’une transition vers un Islam de France adapté au contexte français, à la fois compatible avec les valeurs de la République et pris en charge par la communauté elle-même. Les rapporteurs évaluent un nombre entre quatre et sept millions de musulmans en France, mais les statistiques ne sont pas fiables. Ils proposent que les critères de l’Insee soient modifiés afin de mener une enquête au moins tous les quatre ans pour mieux connaître cette population. Corinne Féret, sénatrice du Calvados et présidente de la mission d’information, a précisé que le rapport a été adopté à l’unanimité. « Nous avons organisé 115 auditions reparties sur 80 heures, des journalistes, des experts, des élus et des représentants de tous les cultes. Des déplacements ont été effectués, au Maroc, en Algérie, à Londres mais aussi à Évry ou à Strasbourg qui connaît une spécificité, celle du Concordat. Nous avons cherché à dresser un état des lieux et sortir des préjugés tout en restant intangible sur la loi de 1905, socle fondamental de notre République », explique Corinne Féret. La mission s’inquiète avant tout de l’influence étrangère de l’islam en France, que ce soit pour la formation, la désignation et le salaire des imams, le financement des mosquées ou encore les écoles privées hors contrat. La dernière partie du rapport est consacrée aux collectivités locales. Mais elle se résume à un rappel des règles de droits applicables aux relations entre les territoires et le culte musulman qu’il s’agisse des cimetières, et notamment des carrés musulmans, du financement des lieux de culte ou de la restauration scolaire.

J. B.