Radicalisation : une convention Etat-AMF

Manuel Valls, Premier ministre, accompagné de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a signé une convention de partenariat avec l’Association des maires de France (AMF) portant sur la prévention de la radicalisation violente le 19 mai dernier.

Cette convention se place dans le prolongement des actions menées par le gouvernement dans la lutte contre la radicalisation (cf. notre n°258). En effet, depuis le 9 mai, un second Olan d’action national contre la radicalisation et le terrorisme (PART) a été dévoilé et les collectivités constituent un maillon local nécessaire dans cette lutte. Elles ont un rôle essentiel à jouer en matière de détection, de signalement et de prise en charge des situations de radicalisation, en lien avec les services de l’État. « Toute politique publique ambitieuse a besoin de se faire en partenariat étroit avec les collectivités territoriales. Les maires sont en première ligne », précise Manuel Valls.

Afin de coordonner l’action de terrain, cette convention prévoit la mise en œuvre d’un plan d’action contre la radicalisation dans chaque contrat de ville et au sein des CLSPD. Au programme également une Rencontre nationale des collectivités territoriales autour des enjeux de la lutte contre la radicalisation et de la prise en charge des personnes radicalisées. Cette convention Etat-AMF entend en outre se reposer sur les grands réseaux associatifs et les mobiliser pour structurer des pôles régionaux et départementaux d’opérateurs de prise en charge. Le plan d’action gouvernemental prévoit le renforcement de la présence des adultes avec 10 000 professionnels de terrains formés. Un guide interministériel de prévention de la radicalisation va être diffusé à tous les services déconcentrés de l’État afin d’améliorer la formation des agents et d’accentuer le relais de l’information auprès des habitants. Au plan national, élus et personnels pourront ainsi suivre des sessions d’information dispensées par le secrétariat général du Comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation. Les associations départementales de maires pourront diffuser localement des informations aux maires et présidents d’EPCI, en partenariat avec les préfets. Point important pour les maires : la convention prévoit un partage des informations de la part des préfets sur les individus dangereux présents dans leur commune.

Julien Bossu