Philomène Baccot

Sur les rives de la Loire, à la limite de la Saône-et-Loire et de l’Allier, se tient Digoin et son canton, 11 300 habitants. Depuis 2011 c’est Philomène Baccot qui en est la conseillère générale.

 

Philomène Baccot est, depuis un peu moins de deux ans, conseillère générale. Elle est de cette génération d’élus qui ont combattu pied à pied la droite, qui ont fait leur preuve en tant que militants et, parce qu’ils sont militants, ont souhaité exercer des responsabilités politiques locales.

Philomène est socialiste d’abord parce qu’elle est engagée, à l’origine, sur le plan social. La solidarité est son mot d’ordre. Digoin est une ville de luttes sociales. Cité de la céramique, la gauche doit se battre pour y faire entendre ses idéaux. Et c’est “sur le terrain” qu’au quotidien Philomène a bâti sa légitimité. « Un peu par hasard », confesse-t-elle tant, longtemps, la gauche locale a manifesté une très faible inclinai- son pour les candidatures féminines. « J’ai souvent entendu qu’une femme ne peut pas passer chez nous», s’amuse-t-elle aujourd’hui…

Elle prend sa carte en 1997, dans le sillage de la victoire des législatives, « parce qu’il fallait s’engager pour gagner d’autres élections et défendre l’action de la gauche ». Chez les Baccot, l’engagement politique est partagé. Jean-Louis, son mari, a été adjoint au maire de la ville en charge de l’urbanisme, encarté au PS bien avant Philomène. Militants, ils le sont assurément. Philo- mène, qui travaille dans l’administration fiscale, aide nombre de ses co-administrés dans leurs démarches (notamment de tra- duction français/italien) et passe du temps à réaliser un travail social de proximité. Dans le quartier de la Briérette, à Digoin, tout le monde la connaît, reconnaît et apprécie cet engagement au long cours.

Longtemps, à Digoin, la gauche est divisée. Il est, pendant près de quinze années, très difficile de trouver une unité entre les dif- férentes forces en présence. Patiemment, Philomène Baccot instille les ferments de l’unité de la gauche dans sa ville. Troisième de la liste de son ami André Bacon aux municipales de 2001, elle devient secrétaire de section en 2008. Patiemment, elle bâtit. Elle se présente aux municipales de 2008. En 2010, elle figure sur la liste de François Patriat aux élections régionales. En 2011, elle emporte son canton.

Peu, parmi ses amis politiques, parient alors sur sa victoire, qui pourtant se profile et ne doit rien au hasard. Face à elle, un jeune loup de la droite locale fait oce de successeur désigné d’un maire-conseiller général sortant qui a décidé de laisser son siège à Macon. Philomène ne doit rien à la parité, tout à sa pugnacité. Bosseuse inlassable, elle travaille tous les dossiers et se bat sur le terrain pour son canton, ses concitoyens, ceux qui lui ont fait confiance. Au porte à porte lors de sa campagne, au contact des habitants qu’elle connaît si bien, elle fait la diférence. Pédagogue et militante, elle avance pas à pas. La partie n’était pas facile et l’adversaire coriace. De même aujourd’hui, chaque dossier est suivi méticuleusement.

Elle, qui est aussi élue intercommunale, sait peser pour son canton. Au Conseil général, elle marque ses collègues par une assiduité remarquée. Philomène Baccot préside en eet la très importante commission “solidarités”, très importante au regard des missions des départements et est déléguée par l’assemblée départe- mentale pour les personnes handicapées. Travaillant beaucoup, connaissant parfaitement son canton et le Charolais dont elle mesure tant les atouts que les dificultés, Philomène Baccot figure parmi les élus les plus militants. En prévision de 2014, elle continue de travailler au rassemblement de la gauche locale… Un patient mais efficace travail.

Gaël Brustier