Objectif mars 2014, par Pierre Cohen

Edito - Pierre Cohen

Au  retour  de  nos  universités d’été,  je  souhaite  remercier tous ceux, experts, parlementaires,  ministres,  qui  nous ont  permis  de  nourrir  notre réflexion,  nos  débats  et  d’affiner  nos connaissances,  dans  un  contexte  studieux.  Trois  journées  durant  lesquelles se  sont  exprimées  la  détermination  et la mobilisation de nos élus locaux pour faire réussir ce quinquennat du changement, aux côtés de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault.

 

À partir d’aujourd’hui, toutes nos forces d’élus locaux vont être tournées vers nos victoires aux élections municipales. Je le redis : j’ai  la  conviction  que  nous  allons gagner, car nous sommes armés pour la victoire.

Ces  élections  municipales  vont  intervenir dans un contexte historique particulier. Particulier, bien sûr, car nous avons gagné  toutes  les  élections  nationales  et que  la  gauche  gouverne  le  pays.  Particulier,  au-delà,  car  j’ai  la  conviction  que nous sommes les acteurs et les premiers témoins  d’une  évolution  importante  de la nature de la puissance publique dans notre pays.

Deux  phénomènes  importants  ont  durablement,  et  certainement  de  façon irréversible,  marqué  notre  paysage  démocratique : –  les  lois  de  décentralisation  votées  par la gauche qui ont défini puis consacré le rôle des collectivités territoriales, – les 10 ans de gouvernement de droite.

Ces  10  années,  marquées  par  un  affaiblissement du pouvoir national, témoin d’un  désengagement  constant  de  l’État dans toutes les politiques publiques, ont poussé  les  collectivités  territoriales  que nous  dirigions  à  étendre  leurs  actions, à  gagner  en  ingénierie,  à  réaliser  des prouesses  d’innovations  territoriales  et, au final, à s’imposer comme les premiers investisseurs  publics  du  pays.  C’est  “le temps de l’intelligence des territoires”.

À  tous  les  échelons,  le  rôle  des  élus  locaux  s’est  transformé  et  amplifié  au cours des dernières années : moins l’État assumait ses responsabilités et plus les collectivités s’y sont substituées, dans un mouvement concomitant d’urbanisation croissante  de  notre  pays,  de  concentration  de  la  population  dans  des  centres urbains.  Cette  nouvelle  ère  de  l’action publique, cet état de fait, il était temps de lui donner un cadre. C’est le sens de la loi sur la modernisation de l’action publique portée par Marylise Lebranchu.

La  puissance  publique,  en  France,  en 2013,  ce  sont  deux  piliers  complémentaires, indispensables l’un à l’autre :

– l’État d’un côté. Un État stratège. Un État régulateur. Un État garant de l’égalité des territoires de la République.

–  les  collectivités  locales  de  l’autre  qui sont  dans  l’opérationnalité,  dans  la  réalisation,  dans  l’adaptation,  dans  l’innovation.

Cette  co-construction  de  la  réponse  publique  est  fondamentale  pour  tous  les grands  enjeux  qui  se  posent  à  notre pays : le logement, la transition écologique, la ré industrialisation, la refondation de l’École, la sécurité, la lutte contre toutes  les  exclusions…  Les  collectivités  ont besoin  que  l’État  donne  le  cap.  L’État  a besoin que les collectivités déploient toutes leurs énergies pour réussir.

C’est  cette  évolution  qui,  renforçant  les exécutifs  locaux,  rend  d’autant  plus  nécessaire  nos  victoires  à  venir,  si  nous souhaitons  préserver  nos  capacités d’actions.  Les  collectivités  territoriales sont  aujourd’hui  des  parties  prenantes indispensables  d’un  projet  socialiste  de transformation de la société.

Ce renforcement du rôle des élus locaux, et  spécifiquement  des  maires,  est  très présent dans l’esprit de nos concitoyens. L’élection municipale reste d’ailleurs l’une des  deux  élections  plébiscitées  par  les Français  avec  un  taux  de  participation toujours élevé. Quiconque a déjà appartenu à une équipe municipale le sait : les élus  communaux  restent  ceux  que  l’on va  rencontrer,  que  l’on  interpelle,  à  qui l’on demande des explications, à qui l’on demande de trouver des solutions. C’est aussi l’héritage des 10 années de droite et  d’affaiblissement  de  l’État :  aux  yeux de  nos  concitoyens,  le  Maire  demeure souvent le dernier rempart au sentiment d’impuissance  publique,  celle  ou  celui qui  peut  faire,  qui  peut  aider,  qui  peut trouver  des  réponses  aux  problématiques du quotidien.

Dans  la  grande  bataille  électorale  qui nous attend, l’un des éléments de contexte qu’il nous faut prendre en considération,  c’est  la  montée  du  Front  national.

Ce FN qui entretient le rejet quand nous construisons du lien, qui sème la haine quand nous cultivons le vivre ensemble, qui  se  nourrit  de  l’inaction  ou  de  l’impuissance  des  pouvoirs  publics,  quand nous  montrons  dans  nos  communes que nous sommes en capacité de changer les choses et de bouger les lignes.

La  lutte  contre  le  Front  national,  c’est d’abord une lutte pour que ne s’installe pas le terreau qui lui permet de faire germer  ses  idées.  Un  service  public  maintenu ou réimplanté dans un quartier, des transports publics mis en place dans nos intercommunalités rurales, des associations  soutenues,  un  investissement  important dans l’éducation, dans la culture et dans le sport, des médiateurs dans nos zones les plus difficiles : du dialogue, du lien créé, de l’investissement sur le long terme,  telles  sont  les  marques  des  élus socialistes à la tête de leurs communes, avec  une  certitude :  le  meilleur  rempart au  Front  national :  c’est  l’action,  c’est  le résultat.

Territoire  après  territoire  gagné  sur  nos adversaires,  ville  après  ville,  commune après commune, nous avons démontré que  nous  pouvions  gérer  autrement. Que  nous  pouvions  rendre  à  l’exercice des affaires publiques la noblesse qui est la sienne et bâtir l’alternative à la droite.

Une alternative à la compétition de tous contre chacun. Une alternative à l’accroissement  des  inégalités,  du  mépris,  de  la brutalité. Une alternative à la défiance, à la violence, et à l’argent comme seule valeur de référence.

Nous  avons  affirmé,  dans  nos  collectivités  durement  éprouvées,  que  nous savions faire les choix nécessaires pour tracer  cette  longue  marche  du  progrès collectif, qui ne saurait se faire sans justice.  Nous  avons  prouvé  la  justesse  de nos choix au niveau local.

Notre  bilan,  c’est  notre  première  arme pour partir à la bataille. C’est fort d’un bilan et porteurs d’une vision d’avenir que nous pourrons aller convaincre ceux qui pourraient se laisser tenter par l’abstention. Bien sûr, le contexte n’est pas facile, car nous engageons nationalement des réformes  structurelles,  nécessaires.  Durant toute cette campagne, nous aurons à  développer  notre  vision  d’avenir  pour nos  territoires,  fondée  sur  les  valeurs qui  nous  ont  toujours  animées,  et  que nous tentons de faire prospérer, souvent à  contre-courant.  La  démocratie,  la  laïcité,  le  respect  de  l’autre,  la  solidarité,  la correction  des  inégalités  naturelles  par l’action publique, la défense des plus faibles, l’éducation car elle seule est un gage d’émancipation,  la  protection  de  l’environnement  pour  que  le  développement de  nos  sociétés  puisse  être  durable  et que nous puissions léguer à nos enfants, une planète qui demeure vivable. Ce sont là ces fondamentaux qui guident l’action nationale.  Ce  sont  là  les  fondamentaux qui nous animeront durant cette campagne.

Ce  bilan,  ne  l’oublions  pas,  est  celui d’équipes de gauche, d’équipes dans lesquelles nos partenaires, toutes les forces du progrès, se sont investies. Ce bilan, il est  commun.  Et  c’est  donc  en  commun que  nous  devons  bâtir  l’avenir.  Nous  le savons,  nous  socialistes,  même  si  cette nécessité peut parfois être difficile à ancrer dans la réalité : c’est parce que toute la gauche sera rassemblée dans ces élections  municipales,  que  nous  pourrons gagner.  C’est  notre  rôle  à  tous,  au  Parti, au  gouvernement,  au  Parlement,  que de créer les conditions de ce rassemblement.

Les  mois  qui  viennent  vont  être  denses pour  nous  tous.  Je  veux  vous  assurer que la Maison des élus fera le maximum pour  être  aux  côtés  de  chacun  d’entre vous dans ce combat. N’oubliez pas que la FNESR est là pour vous !

N’hésitez pas, à nous solliciter, à contacter nos équipes pour toute question, toute idée, tout projet.  N’hésitez  pas  à  nous  faire  remonter vos  sentiments,  vos  questionnements, nous  les  transmettrons  à  ceux  à  qui  ils s’adressent. N’hésitez pas à adresser un exemplaire  de  vos  matériels  de  campagne à la FNESR, cela peut servir d’exemples  à  d’autres  camarades.  N’hésitez pas  à  transmettre  toutes  nos  fiches  argumentaires  aux  camarades  qui  ne  les recevraient pas.

Pensez aussi à consulter le numéro spécial du trimestriel de Communes  de  France,  consacré  aux  actions innovantes  sur  les  territoires,  menées sous  l’égide  des  équipes  de  gauche,  entre 2008 et 2014. C’est une mine d’idées.

Bonne  rentrée  à  tous,  et  soyons  mobilisés !

Pierre Cohen, Président de la Maison des élus