«Une nouvelle page de la décentralisation», par Estelle Grelier

Estelle GrelierL’annonce par le président de la République de la mise en oeuvre de la réforme territoriale ouvre une nouvelle page dans l’histoire de la décentralisation. Chacun, ou presque, s’accorde à reconnaître que des évolutions sont nécessaires.

Depuis trente ans, en effet, les réformes se succèdent, les strates s’empilent, les compétences s’enchevêtrent, contribuant à rendre l’action publique à la fois peu compréhensible pour les citoyens, mais également moins performante pour accompagner le développement économique et social des territoires. Aujourd’hui, les Français sont nombreux à juger l’articulation des compétences complexe, voire indéchiffrable. Nos concitoyens ont besoin de mieux savoir qui fait quoi.

La réforme territoriale qui va être soumise à l’examen du Parlement doit être une réforme d’efficacité de l’action publique, de solidarité entre les territoires, et d’une proximité démocratique réaffirmée. Nous devons impérativement adapter notre organisation administrative à l’économie ouverte du 21e siècle. Réalisant les trois quarts des investissements publics, les collectivités territoriales détiennent un rôle majeur pour redresser le pays. La réforme annoncée doit ainsi les mettre en situation de mener une action plus réactive et plus efficace, c’est-à-dire mieux à même de répondre aux attentes des citoyens et des territoires dans leur diversité.

Reposant sur un renforcement des Régions et des intercommunalités, dont les périmètres et les attributions seront élargis, elle doit aussi permettre de clarifier le rôle des uns et des autres et de supprimer les compétences redondantes entre collectivités, mais aussi les doublons entre ces dernières, les organismes publics locaux et les services déconcentrés de l’Etat.

Vaste chantier en perspective ! De toute évidence, sa mise en oeuvre ne sera pas un long fleuve tranquille. Car si le diagnostic fait quasiment consensus, le passage aux travaux pratiques s’annonce plus délicat.

Il faudra composer avec les conservatismes, les postures politiciennes et les faux débats, mais aussi répondre à des inquiétudes légitimes s’agissant par exemple des conditions de réaffectation des  personnels des Départements ou des SDIS, de l’organisation de l’action sociale, des questions de fiscalité et de financement ou de l’impact de la suppression de la clause générale de compétence sur le mouvement culturel et sportif.

Le débat qui va s’ouvrir au Parlement promet d’être animé. Parce qu’il nous concerne tous, il est essentiel que chacun y participe, au-delà du petit cercle des élus.

Estelle Grelier, députée de Seine-Maritime, secrétaire nationale du PS chargée des services publics, de la décentralisation et de la modernisation de l’Etat

Cet éditorial est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°170

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