Montée en charge du service civique: objectif 100 000 volontaires

Le service civique, accessible aux citoyens européens et non-européens de 16 à 25 ans sur le territoire français, est un engagement volontaire au service de l’intérêt général. Indemnisé 573 euros par mois, il peut être effectué auprès d’associations, de collectivités territoriales et d’établissements publics sur une période de 6 à 12 mois. Il peut être mené dans 9 grands domaines: culture et loisirs, développement international et action humanitaire, éducation pour tous, environnement, intervention d’urgence en cas de crise, mémoire et citoyenneté, santé, solidarité, sport.

Touchant aujourd’hui 35 000 volontaires par an, l’objectif est de le faire monter en puissance pour accueillir 100 000 jeunes d’ici à 2017. Guidé par ce but, François Chérèque, Président de l’Agence du service civique a rendu le 11 juillet 2014 un rapport de proposition à Najat Vallaud-Balkacem, ministre du Droit des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Quatre ans et demi après son lancement, le Service Civique est victime de son succès. Ayant déjà accueilli 65 000 jeunes, il recense aujourd’hui plus de volontaires que de nombre de postes à pourvoir. Najat Vallaud-Belkacem s’est réjouie de ce succès, en expliquant que le service civique est « une politique pour la jeunesse, mais aussi pour la société tout entière ». « C’est une expérience de l’action pour l’intérêt général, pour l’autonomie » a-t-elle également souligné.

La majorité des engagés dans un service civique travaillent dans les domaines de la solidarité et de l’action sociale. Cela s’explique par le fait que 90% des structures d’accueil sont des associations. François Chérèque remarque que les collectivités territoriales sont sous-représentées, laissant ainsi un champ de développement très important.  Passer de 35 000 engagés par an à 100 000 nécessite de s’interroger sur deux grandes problématiques.

D’une part, de nouvelles solutions de financement doivent être trouvées. François Chérèque prend l’exemple des services civiques « courts » qui sont effectués par des jeunes en alternance, relevant donc aussi du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et de l’action « Mona Lisa » portant sur la lutte contre l’isolement des personnes âgées animés par des jeunes en service civique, pour montrer que les financements, aujourd’hui exclusivement en provenance du ministère de Najat Vallaud-Belkacem, pourrait provenir également d’autres ministères.

L’une des autres propositions sur la question du financement est la création d’une taxe affectée à cet effet. La ministre négocie en ce moment le triplement des fonds européens pour le service civique. Enfin, une dernière source de financement pourrait venir du privé avec le mécénat d’entreprise ou la générosité publique.

D’autre part, la montée en charge du service civique doit s’accompagner d’une réflexion sur le statut des volontaires. François Chérèque préconise d’assouplir le schéma actuellement trop rigide d’un contrat de 6 à 12 mois avec 24 à 30H par semaine. L’Agence du Service Civique a imaginé une annualisation de la mission et la création de services civiques plus courts. De nouveaux droits pourraient être mis en place comme le droit à une carte étudiante (permettant d’obtenir des réductions dans les transports, les loisirs et la culture), la facilitation de l’obtention de la nationalité française pour les volontaires internationaux et des aides pour passer le permis de conduire.

Agir pour développer le service civique, c’est favoriser l’engagement citoyen sous une autre forme que les voies classiques. Najat Vallaud-Belkacem salue la formidable réponse qu’apporte le service civique aux parcours parfois chaotiques ou atypiques. « Le service civique est d’abord un lieu où les jeunes se rencontrent, s’ouvrent à eux-mêmes et aux autres, se découvrent mais surtout donnent d’eux-mêmes. Cela me tient à cœur et mérite d’être valorisé » a confié la ministre.

Marthe Nagels