Michel Raymond

Elu - Michel RaymondPour que Trévoux existe …

 

Le 1er mars dernier, le groupe Covidien, spécialisé dans les prothèses médicales souples, a ouvert à Trévoux son nouveau centre mondial de recherche. Un succès pour le maire, Michel Raymond, et une sorte de consécration pour son pari : prouver que Trévoux, ce chef-lieu de canton de l’Ain accroché à flanc de coteau sur les bords de la Saône, regroupant à peine à 7 000habitants à 25 kilomètres au Nord de Lyon, peut se développer de façon autonome aux portes du Grand Lyon.

 

Michel Raymond l’affirme : « Rien n’est jamais gagné, mais aujourd’hui Trévoux existe par elle-même ». Pour atteindre la taille critique d’une ville moyenne, Michel Raymond a constitué avec dix voisins la Communauté de communes “Saône Vallée” forte de 24 000 habitants. Objectif : développer l’emploi mais aussi les services aux publics. Ce combat, Michel Raymond le mène depuis l’origine de son engagement politique à Trévoux : les municipales de 1983. Certes, sa liste est cette année-là battue parle maire RPR sortant. Mais il a pris date. À la tête de l’opposition, il « commence le boulot » via la vie associative : création d’un centre de loisirs, d’une halte-garderie, d’un centre social, d’une mini-crèche. « Ces combats ont vite mobilisé les Trévoltiens : en quelques années, nous avons réuni 800 adhérents ». Pas étonnant que le succès ait été au rendez-vous dès le scrutin suivant, en 1989.

Favoriser l’égalité des chances

La confiance s’est installée entre la population et le haut-fonctionnaire qui partage son temps entre son pays natal et sa carrière à Paris. Un parcours exemplaire– Centrale Lyon puis l’ENA à Paris – l’a d’abord mené à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Dès 1981, il entre au cabinet de Georgina Dufoix au secrétariat d’État à la Famille. Il sera son directeur de cabinet en 1988 dans le premier gouvernement Rocard, avant de rejoindre les cabinets de René Teulade aux Affaires sociales et ceux des ministres de l’Outre-Mer Jean-Jack Queyranne et Christian Paul. De ces années, Michel Raymond retient surtout la chance d’avoir participé au premier rang à la création du RMI, d’abord auprès de Georgina Dufoix, puis comme délégué adjoint à la tête de la mission interministérielle: « Ce qui m’intéressait le plus, c’était le volet insertion, l’accès au logement, aux soins, le retour à l’emploi, la dignité retrouvée. Pendant quelques années, ça a pas mal marché. Et puis la volonté politique est retombée, les moyens se sont réduits. Alors, on dit que l’insertion ne marche pas, que c’est de l’assistance ; on décentralise, on crée le RSA… Mais ce sont les moyens, et la volonté de lutter contre l’exclusion qui manquent ».

Michel Raymond garde de cette expérience unique la volonté de favoriser l’égalité des chances et l’insertion. D’où l’attention apportée aux écoles primaires de Trévoux, qu’il vient de doter de tableaux numériques. « Mais quand le gouvernement retire les moyens d’accueillir les enfants de 2 à 3 ans, ce sont les familles qui trinquent et les communes qui doivent créer – pour un coût supérieur ! – des places de crèches ». D’où aussi le Pass’études de 600 € par an que Trévoux attribue sous conditions de ressources à ses étudiants. D’où encore la convention signée avec les Caisses d’épargne pour développer le micro-crédit.

Les combats actuels de Michel Raymond s’appellent Tram-Train et Parc naturel régional. Le premier doit favoriser l’alternative à la voiture en proposant une liaison ferroviaire performante avec la capitale régionale. Le second espère sauver la Dombes. Ce pays aux mille étangs, aux traditions fortes, est soumis aux pressions urbaines, son éco-système est menacé. Les exploitants sont tentés de cultiver du maïs, plus «rentable» que l’économie traditionnelle des étangs. « La Dombes est un trésor naturel aux portes de Lyon », explique Michel Raymond. Petit à petit, tous les élus et acteurs ont compris l’enjeu. Un Parc naturel régional permettra un vrai projet pour la Dombes, autour de l’agriculture, la pisciculture, un tourisme durable.

Regarder à la fois cette vallée de la Saône ouverte sur Lyon et le patrimoine exceptionnel de la Dombes, c’est sans doute cela faire exister Trévoux.

Thierry Pourreyron