Michel Ferron

Elu - Michel FerronA la conquête de la Mayenne

 

Natif de la Mayenne, Michel Ferron a fourbi ses armes dans l’enseignement et le syndicalisme, avant d’entamer une carrière politique à laquelle rien ne le destinait vraiment. Il est aujourd’hui président de l’Union départementale des élus socialistes et républicains.

 

Natif du sud de la Mayenne, Michel Ferron est issu d’une famille modeste. Son père est ouvrier agricole, sa mère, femme de ménage. A priori, rien ne le destine à la vie politique. Il grandit à la campagne, avant de fréquenter le Petit séminaire de Laval où il accomplit une scolarité “normale” dans le secondaire. Après un bac littéraire, il fréquente la faculté de lettres de Rennes, dont il sort nanti du CAPES. Une vie d’enseignant s’offre à lui.

Cap sur la Mayenne où il exerce le métier de prof, au lycée Réaumur de Laval, de 1977 à 2007. Avec passion. Bientôt, il découvre les événements de mai 1968 avec “gourmandise”. Éveil d’une conscience politique qui lui vaut, d’abord, de fréquenter l’UNEF, puis le PSU, aux côtés des étudiants socialistes universitaires, les ESU. « Je faisais partie des groupies de Michel Rocard qui était pour nous tous une véritable icône, reconnaît-il. Ce qui m’a valu de fréquenter le PSU pendant dix ans. C’est d’ailleurs le seul parti auquel il m’ait été donné d’appartenir. C’était un parti laboratoire dans lequel de nombreuses formations se testaient. Cette expérience s’est révélée particulièrement excitante. Depuis lors, je n’ai pas repris de carte ». Parallèlement, il adhère au SGENCFDT, dont il devient rapidement l’un des responsables départementaux.

Pas question de mélanger les genres. Engagé dans la vie associative, Michel Ferron refuse de prendre part à la vie politique locale. Les sollicitations ne manquent pourtant pas. Mais en 1995, il rejoint l’opposition du Conseil municipal de Bonchamp-lès-Laval, après avoir quitté son mandat syndical. « Jusqu’alors, je participais à la rédaction d’une revue d’histoire locale », note-t-il. Les événements se précipitent. En septembre 2004, le voici conseiller général (divers gauche) du canton d’Argentré. «En phase avec les socialistes locaux, précise-t-il. Nous travaillons de concert. Cet engagement m’a valu de prendre part à la campagne de François Hollande », confie le président de l’UDESR. Les choses bougent. La municipalité de Laval est dirigée, aujourd’hui, par Guillaume Garot, tandis que l’identité politique de la Mayenne change peu à peu. « Dans ma commune, je suis le leader de la minorité. En 2008, nous avons failli prendre la mairie. Aujourd’hui, tous les espoirs sont permis en prévision des prochaines élections municipales ».

“Généraliste”, l’élu s’est fait un devoir d’être en “éveil sur tout”. « L’urbanisme m’intéresse, au même titre que la culture qui est un secteur délaissé, et pourtant très politique. Depuis peu, je suis même devenu le référent des personnes âgées, au nom du groupe de la Gauche unie. Sans doute l’effet de l’âge, s’amuse-t-il. La façon dont on traite nos aînés n’en est pas moins révélatrice de l’état d’une société ». Membre de la commission solidarité-personnes âgées et personnes handicapées du Conseil général, Michel Ferron voit dans ces problématiques une priorité, voire même un défi qu’il se dit prêt à relever. Rien là de bien étonnant pour cet homme qui a plus d’une corde à son arc. Retraité actif, il a consacré une bonne partie de son temps à l’écriture d’un livre au titre évocateur :”Champs de l’oubli”. Petit coin de mémoire où sont enfouis, depuis longtemps, les souvenirs d’une enfance rurale.

Bruno Tranchant