Martine Lignières-Cassou

Martine-Lignieres-CassouNée il y a 60 ans à Alger, d’un père pied-noir et d’une mère béarnaise, Martine Lignières-

Cassou a hérité au travers de sa double culture du « goût de comprendre le monde et surtout celles

et ceux qui le composent, dans leur diversité ». Après des études supérieures à l’université de Pau, elle devient chargée d’études à l’Équipement.

En 1975, elle adhère au Parti socialiste, qui correspond à son désir de justice et d’égalité des chances. C’est en 1977 qu’elle fait son entrée au Conseil municipal de Pau, après avoir été sollicitée par André Labarrère. En 1983, elle deviendra maire adjointe, puis première adjointe durant 11 années, de 1995 à 2006, date de la disparition d’André Labarrère. Celui-ci, ayant laissé entendre qu’il envisageait de se représenter pour un 7e mandat, n’avait pas préparé sa succession. Après le décès de “Dédé”, comme se plaisaient à le surnommer ses administrés, le conseil municipal choisira Yves Urieta, qui n’aura de cesse de se rapprocher du micro-parti de Jean-Marie Bockel, Gauche moderne. Il sera exclu du Parti socialiste en décembre 2007.

Martine Lignières-Cassou, qui se qualifie de « volontaire, parfois un peu trop sérieuse », conduira la liste socialiste aux municipales de 2008. Liste qui l’emporte lors d’une triangulaire face à François Bayrou (Modem) et Yves Urieta, maire sortant, soutenu par l’UMP. « C’est ma plus belle victoire », dit-elle encore aujourd’hui. La députée-maire de Pau a attribué son succès à « une démarche de clarté, de transparence, au fait d’assumer ses convictions politiques et de mener une équipe qui est cohérente ».

Rendre visible le territoire

Députée des Pyrénées-Atlantiques depuis 1997, Martine Lignières-Cassou a été portée à la tête de l’agglomération Pau Porte des Pyrénées dans la foulée des élections municipales de mars 2008. Elle s’engage à « défendre la place de l’agglo dans le Sud-Ouest aquitain face à la Côte basque ou Tarbes sans tomber dans la surenchère des mètres carrés commerciaux ». Elle se bat au quotidien pour rendre visible l’image des Pyrénées : « Les richesses économiques et industrielles sont dans le Béarn, mais la visibilité est en pays Basque », observe-t-elle. Pour rendre visible son territoire qu’elle qualifie de « pays béni des dieux, mais qui garde bien cachés ses charmes et ses atouts », la présidente de l’agglo participe activement à la création de la marque “Pau Porte des Pyrénées”, qui sera « la bannière offerte à chacun des acteurs du territoire pour la porter haut et loin ».

Rendre visible le territoire, c’est surtout favoriser son accessibilité : « Les territoires sont en concurrence. Il ne faut pas accroître le différentiel avec nos voisins », constate-t-elle. « Il nous faut un aéroport avec deux plateformes pour réduire les coûts », suggère Martine Lignières-Cassou, qui rappelle également l’importance de la LGV Béarn-Bigorre. Elle a sur ce point interpellé fin novembre le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, lui demandant de « bien vouloir agir pour que la Commission nationale du débat public soit saisie rapidement des scenarii de desserte Béarn-

Bigorre, afin qu’elle soit intégrée dans les grands projets du sud-ouest ». Le ministre a rassuré la députée sur l’importance qu’il accorde à cette desserte : « Même si le projet de ligne Bordeaux-Pau est sensiblement moins avancé que la ligne Bordeaux-Toulouse, il n’y a pas d’abandon. Cette desserte est importante pour réduire la fracture territoriale », précise Frédéric Cuvillier.

Martine Lignières-Cassou ne dévoile pas encore quel sera son choix lorsqu’il lui faudra se mettre en adéquation avec la loi sur le non-cumul des mandats. Elle insiste sur le nécessaire travail de lobbying du territoire. Elle déplore que la fonction de député ne soit pas suffisamment reconnue au niveau local. En attendant, l’élue paloise se réjouit d’accueillir prochainement la ministre de la Culture pour l’inauguration de la Médiathèque André Labarrère.

Brigitte Bossu