Lutter contre les fondamentalismes et les populismes

Lors de ses vœux aux forces vives le 24 janvier, en présence de ses deux secrétaires d’État, Hélène Geoffroy et Thierry Braillard, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, est revenu sur « la remise en cause de notre modernité par le fondamentalisme religieux » et « la réponse régalienne à fournir ». Pour autant, le ministre l’affirme : « Cette réponse régalienne dans une République laïque ne peut suffire. Elle doit s’accompagner d’une réponse sociale, éducative, culturelle, de prévention des phénomènes de radicalisation ». Patrick Kanner a ensuite réaffirmé son soutien au milieu associatif, au secteur de l’éducation populaire, aux clubs sportifs, à la prévention spécialisée : « Nous réinvestissions des quartiers où les adolescents étaient trop souvent livrés à eux-mêmes. Donner un cadre, des référents, occuper le terrain pour en chasser les prêcheurs de haine : voilà le défi qui est devant nous et sur lequel nous avons progressé. ».

Pour faire face à la montée des populismes, Patrick Kanner a choisi de « les refluer, ainsi que les ressorts qui les nourrissent ». Pour cela, il mise sur la jeunesse en lui redonnant des perspectives notamment en termes d’emploi. Le ministre insiste sur les valeurs de l’engagement : « Permettre aux jeunes d’exprimer pleinement leur citoyenneté, leur altruisme, car une chose est sûre : ils ont beaucoup à donner, ils ont envie de le faire et les poncifs sur leur prétendu désintérêt pour la chose publique ne sont que des poncifs. Pour eux, nous avons développé le service civique avec volontarisme : nous accueillons autant de volontaires en 2016 qu’il y en a eu depuis la création du dispositif en 2010, à savoir 100 000. Nous allons même fêter prochainement l’accueil du 200 000 e volontaire ». (cf. p.5).

Pour Patrick Kanner, lutter contre les populismes, c’est aussi assurer l’égalité entre les territoires « Nous avons en France des quartiers qui ont moins d’emploi, moins de services publics, moins de commerces. À cette spirale du moins, il faut opposer une volonté politique pour rétablir de la justice. Il faut donner plus », affirme le ministre qui rappelle l’enjeu de la politique de la ville, qui « permet de réhabiliter les logements ; de réimplanter des écoles, des terrains de sport, des équipements culturels, avec à chaque fois les adultes et les éducateurs qui vont avec ; de soutenir les initiatives associatives ; de développer l’activité économique ».

« Fondamentalisme et populisme ont un point commun : le mépris des femmes », poursuit le ministre qui invite chacun à participer à son niveau et selon ses responsabilités, à faire advenir l’égalité entre les femmes et les hommes, afin de régénérer la démocratie. « Nous devons toujours, défendre la condition féminine. Quand des campagnes ignobles remettent en cause le droit d’IVG ; quand manifestement des femmes sont empêchées de circuler librement dans l’espace public, nous devons poursuivre le combat pour l’égalité », conclut le ministre.

J. B.