« L’intérêt de tous », par Martin Malvy

© Laurent Moynat

© Laurent Moynat

La Région Midi-Py­rénées accueille le 10e Congrès de l’Association des régions de France. Cette rencontre marquera une date importante dans l’histoire de nos collectivi­tés. Nous nous trouvons en effet à un moment fondateur : celui, trente et un ans après, d’un nouvel acte de la décentralisation. Il nous appar­tient de réussir cette réforme pour plus d’efficacité dans l’action publique et plus de solidarité entre les territoires et donc entre les citoyens. Si le projet est global, concerne toutes les collectivités recom­posant le paysage territorial, encore faut-il qu’il aille à son terme en respectant le message qui l’a porté.

“Redessinons la Région” : le titre du Congrès nous invite à tous participer à cette refon­dation. Tous, c’est-à-dire responsables des collectivités locales et responsables de l’État car cette réforme ne sera réussie que si l’État lui-même se remet en question ! La nouvelle carte des Régions a quelque peu occulté le débat. Elle permettra de « redessiner la France ». Mais la vraie ré­forme, celle qui justifiera des Régions plus peuplées, plus complètes, mieux armées pour affronter toutes les concurrences, sera celle du transfert de compétences. La France a besoin de Régions plus fortes. Cela tiendra aux compétences qui leur se­ront reconnues et aux moyens dont elles disposeront. C’est autour de l’économie, de l’orientation professionnelle à l’innovation jusqu’à l’externalisation en passant par la modernisation et les incitations, que tout va se jouer. Autour de l’affirmation prescriptive des schémas de développe­ment économique, environnementaux et d’aménagement du territoire que tout se décidera. Tout, c’est-à-dire le développe­ment, la protection de l’environnement, la transition énergétique, le savoir si l’on parvient à aller plus loin en matière d’enseignement secon­daire, professionnel, su­périeur et de recherche, selon les procédures traditionnelles et en ou­vrant plus fortement les voies de l’alternance.

Le Congrès de Tou­louse, sans doute le dernier pour nos Régions actuelles, ce sera autour de ces thèmes et de celui des moyens. Le moment n’est pas le plus favorable. Nous le savons. Mais plus per­sonne ne conteste maintenant combien la réforme fiscale de 2010 a visé l’éche­lon régional. Sans reconsidération de cette situation, les Régions ne pourront pas faire face. Nous avons affirmé que le rétablissement des finances publiques était un objectif que nous partagions. Il ne s’agit pas de le contester mais de dire clairement – et la baisse des dotations de l’État n’est pas en cause dans son prin­cipe – que sans aucune autre fiscalité que celle des cartes grises, les Régions fran­çaises sont aujourd’hui à bout de souffle. Un congrès responsable, conscient des enjeux qui au-delà de nos territoires et de nos concitoyens sont ceux de la France pour le redressement, et qui entend af­firmer nos atouts, s’inscrire dans une dé­marche d’entente et d’espoir, voilà ce que sera, j’en suis convaincu, le rendez-vous de Toulouse et de Midi-Pyrénées. J’y ac­cueillerai avec confiance dans l’avenir congressistes et invités, le Premier mi­nistre je l’espère, et les représentants des autres collectivités. Opposer les unes aux autres relève du contresens quand on est persuadé que seul compte l’intérêt de tous.

Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées

Cet éditorial est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°181 du 6 octobre 2014

Abonnez-vous à Communes de France