L’IFRAP rêve d’un monde sans fonctionnaires

Que le monde serait doux sans fonctionnaires. C’est la dernière trouvaille du think-tank IFRAP qui, dans son mensuel “Société civile”, décline 15 propositions pour « tout changer » dans la fonction publique. Qui dit institut de recherche… dit enquête documentée. La députée des Yvelines Françoise Descamps-Crosnier vient de dénoncer « une lecture biaisée » qui relève plus « d’une entreprise idéologique pour mettre à mort la fonction publique ». Approximations, présentations tronquées touchant notamment aux comparaisons européennes, au système disciplinaire, au niveau des salaires et des rémunérations au mérite, au droit de grève, à l’absentéisme… « Malhonnêteté intellectuelle », « présentation trompeuse », « inconstitutionnalité », « omission », pointe avec précision la députée.

Parmi les propositions qui découlent de cette étude et déjà souvent énoncées par Agnès Verdier-Molinié, de l’IFRAP : la suppression de 440 000 fonctionnaires, l’abandon du système de carrière, du recrutement par concours, une dépendance très forte vis-à-vis de l’employeur local. Avec sa logique essentiellement comptable, l’IFRAP oublie de chiffrer le coût des services non rendus à la population et leurs conséquences humaines, sociales, économiques… Or, il faut prendre en compte tous les facteurs de l’action publique (intérêt du public, logique de long terme, progrès social…). « Le statut n’est pas un instrument placé au bénéfice des fonctionnaires ; il est d’abord là pour assurer le fait que les fonctionnaires sont au service des citoyens et non des intérêts des uns ou des autres », rappelle Françoise Descamps-Crosnier.

Jean Cordelier