« L’esprit du 11 janvier », par David Assouline

David AssoulineAvec les attentats terroristes des 7, 8 et 9 janvier, notre pays a vécu une épreuve sans précédent depuis des décennies.

Le chef de l’Etat et le gouvernement ont géré cette crise avec la sérénité et le sang-froid nécessaire. Ils ont permis la sauvegarde de l’unité nationale et républicaine et mis sur la défensive ceux qui étaient déjà prêts à jeter les citoyens les uns contre les autres. Les mesures immédiates annoncées pour protéger notre pays du terrorisme sur le plan sécuritaire, judiciaire, éducatif, civique, de peuplement aussi, à l’extrémisme et à la radicalisation, vont dans le bon sens.

Notre peuple a montré sa force tranquille le 11 janvier, dans tous les territoires où souvent on n’avait pas connu cela depuis la Libération, en se levant en masse pour défendre la République et ses valeurs. Et cet esprit qui a finalement gagné dans l’élection législative partielle du Doubs. Félicitations à Frédéric Barbier de l’avoir porté avec dignité et proximité ! Il a défendu la République mise en cause depuis plus d’une décennie par les tenants du repli et du chacun pour soi. Cette élection a concentré les tendances et l’enjeu central de la période : empêcher la marche triomphale vers le pouvoir du FN, qui a de son côté consolidé sa dynamique.

Et malheureusement, seule la gauche, et le PS d’abord, sont en mesure de relever le défi, tant la droite républicaine s’est fourvoyée ces dernières années, moquant la liberté, dénonçant l’égalité, dénigrant la fraternité, dévoyant la laïcité. Elle a rompu des digues, elle a construit des ponts, et tout cela a infusé dans des “manifestations pour tous”, où ensemble avec extrême-droite – elle a combattu l’égalité et la laïcité.

Non seulement elle a encore renvoyé honteusement dos à dos le PS et le FN dans cette élection partielle mais le Sarkozysme, avec les nouveaux bataillons d’élus qu’il a formé au pouvoir comme dans l’opposition, n’a cessé d’attaquer frontalement le rôle de l’Etat républicain dans tous les domaines, l’école d’abord mais aussi la santé, la protection sociale, la régulation et la redistribution.

Mais maintenant, il faut que la République tienne les promesses de sa devise, en particulier contre les inégalités qui se sont creusées, pour s’incarner aux yeux d’une partie de plus en plus grande de la population, notamment dans les territoires les plus abandonnés et les plus en difficulté, qu’ils soient urbains, péri-urbains ou ruraux. Car, avec la laïcité, elle est la protection ultime et non négociable pour l’unité de notre nation et notre vie en commun.

Alors il nous faut réaffirmer et expliquer que la laïcité, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, pas la libre concurrence des identités et des religions dans l’espace public, qu’elle est un ensemble de règles communes de l’Etat de droit qui s’imposent à tous en s’appuyant sur des valeurs humanistes.

Finalement, les élus locaux le savent mieux que quiconque, c’est grâce à la capacité de notre République à s’incarner partout dans les territoires et dans la vie quotidienne de nos  concitoyens,qu’elle surmontera ses épreuves et se régénèrera en étant celle de tous ses citoyens et citoyennes.

David Assouline, sénateur de Paris

Cet éditorial est extrait de la lettre de Communes de France n°199 du  9 février 2015

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