Les Régions revendiquent le “droit à l’indifférence”

L’assemblée générale de l’Association des régions de France, réunie le 4 décembre sous la présidence d’Alain Rousset, a adopté un voeu pour disposer d’un « droit à la différence ».

« La situation dans nos territoires montre la nécessité d’un changement radical dans l’organisation de l’action publique. Les récents mouvements de mécontentement dans les territoires, dont la Bretagne a été le point de fixation, sont l’illustration d’un malaise profond qui ne se limite pas à un “ras le bol fiscal”. Dans cette situation, les élus et les citoyens ne peuvent pas tout attendre d’un Etat par définition éloigné du terrain et privé de marge de manœuvre du fait de l’état des finances publiques. Il leur revient de se prendre en main pour imaginer l’avenir des territoires, structurer les filières économiques, préserver les services publics, fédérer les acteurs », explique en substance l’ARF.

« Sur le terrain, chaque fois que des compétences nouvelles leur ont été transférées, les collectivités territoriales ont montré leur capacité à relever le défi, poursuit l’ARF. Cette capacité d’innovation des collectivités, il faut la reconnaître et la conforter. Le temps est venu de changer de logiciel. Ne pas se contenter d’un énième replâtrage de l’action publique ».

Pour l’Association des régions de France, « l’heure est venue d’une relation adulte entre l’Etat et les Régions, autour de deux principes : rendre à l’Etat son rôle de stratège et de garant de l’égalité entre les citoyens et adapter les politiques publiques aux spécificités des territoires. Il s’agirait de donner la capacité, selon les territoires et dans le cadre de la loi de la République, d’expérimenter des modalités d’organisation particulières, d’adapter les règles (y compris fiscales) aux enjeux locaux et d’évaluer les résultats de cette expérimentation à l’issue d’une période de 5 ans. Bref, de libérer les énergies créatrices, tout en simplifiant l’action publique. Cette possibilité d’un droit à la différence pour les Régions ne remet donc aucunement en cause l’égalité territoriale. Au contraire, elle la renforce», fait valoir l’ARF.