« Les leçons d’une élection partielle », par Christophe Borgel

BorgelDepuis le début du quinquennat la gauche n’avait gagné aucune élection législative partielle en dehors de celle de St-Pierre et Miquelon. La victoire du candidat socialiste est donc à souligner.

Ce d’autant plus qu’à entendre certains commentateurs lundi 9 février, on aurait pu croire que le FN l’avait emporté.

Frédéric Barbier obtient deux fois plus de voix que la liste PS-PRG aux européennes avec une participation inférieure de 4 points. Ce résultat montre qu’il y a un début de remobilisation de notre électorat même si ce n’est bien sûr pas le seul enseignement que l’on peut tirer de cette partielle.

Le FN obtient un score très élevé qui confirme ce que l’on avait pu noter dans l’ensemble des partielles depuis 2012. Ce parti dispose désormais non seulement d’une très bonne mobilisation au premier tour mais aussi d’une capacité d’attraction au second. Il dispose non seulement d’un stock mais aussi de réserves. Les électeurs qui ont voté pour la candidate du FN sont majoritairement des électeurs de Marine Le Pen. Cela démontre qu’il y a un électorat FN constitué, solide et qui montre une fidélité d’élections en élections envers le parti d’extrême droite. Les réserves du second tour ne sont pas une nouveauté. Si dans le Doubs le FN progresse de 16 points entre les deux tours, il faut se souvenir qu’il progressait de 20 points entre les deux tours de la partielle du Lot-et-Garonne. Nous avions démontré dans l’Oise et dans le Lot et Garonne que les électeurs supplémentaires du second des candidats FN ne venaient pas de la gauche mais des abstentionnistes. Il y a dans ces partielles un fort turn over électoral entre les deux tours qui explique cette réalité. Le pourcentage d’électeurs qui ne reviennent pas voter pouvant atteindre 25 % dans certains bureaux de vote et par voie de conséquence le pourcentage de nouveaux pouvant dépasser 30 %. Nous n’avons pas encore pu vérifier si ce mouvement électoral se répète dans le Doubs. Faute de l’avoir vérifié, il est impossible de dire si les électeurs UMP se sont fortement reportés sur le FN ou s’ils se sont abstenus.

Le score de L’UMP confirme qu’il n’y a pas d’appétence en leur faveur. Nous l’avions vu lors des élections municipales : dans de nombreuses communes, l’UMP a gagné sans progresser en voix. C’est l’abstention à gauche qui construit les victoires de l’UMP et non pas un regain d’adhésion des électeurs à la droite.

Enfin dernier enseignement et qui n’est pas le moindre, la campagne extrêmement dynamique de notre candidat dans le Doubs explique aussi sa victoire, c’est une leçon qu’il nous faut tirer pour les élections départementales à venir. On ne gagne jamais quand on part perdant.

Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections, député de Haute-Garonne

Cet éditorial est extrait de la lettre de Communes de France n°200 du 16 février 2015

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