Les communes face aux défis du vieillissement, par Luc Broussy

Edito - Luc Broussy

Le 11 mars dernier, je remettais au Premier ministre le rapport que m’a commandé Michèle Delaunay en septembre dernier sur l’adaptation de la société française au vieillissement de sa population, et ce quelques semaines après que le Président de la République ait affirmé à Lille sa volonté qu’une loi soit prête fin 2013.

En 200 pages de rapport, j’ai formulé un nombre suffisamment important de suggestions pour ne pouvoir ici être exhaustif. Permettez dès lors de cibler ici celles qui concernent directement les communes.

 

Pas de maintien à domicile sans une politique ambitieuse d’adaptation des logements. Ainsi, s’il convient d’amplifier l’effort de l’ANAH qui finance 15 000 adaptations par an, de transférer aux enfants le crédit d’impôt de 25 % déjà existant pour financer des travaux d’adaptation ou de systématiser la question du vieillissement des locataires dans le parc social dans les CUS liant l’État aux bailleurs sociaux, il convient également de jouer sur le flux de créations nouvelles de logement. Ainsi, je propose d’abord que les documents d’urbanisme (PLU, PLH) définissent des “zones adaptées au vieillissement”, des zones proches des commerces et accessibles en transport. Un quota de 20 % de logements adaptés y serait alors appliqué pour toute nouvelle construction.

Mais c’est toute la ville qui doit s’adapter, demain, à la fragilité de millions de personnes âgées. Cela passe notamment par la transformation du mobilier urbain (réinstallation de bancs publics), par la sécurisation des parcours piétons ou par l’installation dans les quartiers et les centres-villes de résidences seniors ou de logements-foyers adaptés aux besoins de demain. Je les ai appelées “plates-formes de quartier”, ensemble liant hébergement, services d’aide à domicile, lieu d’information, de restauration, d’animation ou de prévention servant à la population âgée de toute une ville ou de tout un quartier.

Je propose enfin qu’à l’instar des “comités villes fleuries” que les communes aient un label les encourageant à entrer dans une démarche d’anticipation. Le concept de “Villes amies des aînés”, inventé en 2006 par l’OMS, a déjà été adopté par une douzaine de grandes villes en France. Je propose qu’il soit généralisé à l’ensemble des communes qui souhaitent montrer que l’enjeu du vieillissement devient un des critères essentiels de leur action.

Au-delà de la dépendance qui demeure un enjeu pour l’État et les départements, les communes ont une place majeure à prendre dans le défi de l’adaptation. Logement, urbanisme, transport adapté de proximité, lutte contre l’isolement social, renforcement de l’aide à domicile : sur ces aspects fondamentaux, les communes sont en première ligne.

Luc Broussy, Conseiller général du Val d’Oise, maire-adjoint de Goussainville