L’élue de la semaine : Valérie Zwilling

v-swilling L’Europe au plus près

Ancienne adjointe au maire de Jouy-le-Moutier (Val-d’Oise), Valerie Zwilling est aujourd’hui chef de file de l’opposition municipale

Valérie Zwilling a grandi dans une famille « où on ne parle pas de politique ». De formation scientifique, elle est docteur en sciences et génie des matériaux de l’École supérieure des Mines de Paris. Sa conscience politique est venue par le biais de l’entreprise et du salariat. Après plus de 10 ans en recherche et développement pour différents groupes industriels, elle rejoint le département réglementation/homologation d’un grand groupe automobile français, où elle exerce différentes missions dont celle du suivi des évolutions réglementaires. (matériaux, réception communautaire, fiscalité). « Grâce à mon travail, j’ai pu parcourir l’Europe et me confronter aux différentes législations qui régissent les normes européennes. Mais j’ai aussi pu constater le manque d’équité salariale du monde du travail », explique Valérie Zwilling.

Enthousiasme et créativité

En 2007, alors qu’elle n’a jamais manifesté d’intérêt particulier pour l’engagement politique, elle prend de plein fouet la maxime, devenue la marque de fabrique de Nicolas Sarkozy : “Travailler plus pour gagner plus”. « Ce n’est pas possible d’entendre ce genre de phrase de la part d’un responsable politique, surtout lorsque certains sont contraints de cumuler deux emplois pour avoir un niveau de vie décent. J’ai trouvé cela d’une extrême violence pour les salariés. À force de les maltraiter, on les anéantit », ajoute Valérie Zwilling. Elle transforme ce constat de déception en force d’engagement. Alors qu’elle participait au dépouillement lors des élections présidentielles de 2007, elle est approchée par la section socialiste de Jouy-le-Moutier. « Je n’avais jamais milité, je ne connaissais rien sur le fonctionnement d’une section et je suis arrivée sans aucune ambition particulière. Je me suis mise au travail dans les groupes de réflexion et rapidement Gilbert Marsac me demande de rejoindre la liste qu’il conduit pour les élections municipales de 2008, confie Valérie Zwillig. Cette première campagne a été une véritable découverte. J’y ai rencontré énormément d’enthousiasme et de créativité, notamment dans la rédaction du programme. Le porte-à-porte est une expérience à vivre, surtout avec les habitants qui affirment ne pas être intéressés et qui engagent le débat. De plus, nous étions dans un contexte local favorable à la victoire, les habitants constataient le retard de dynamisme pris par la commune dirigée par le même maire depuis 37 ans », ajoute Valérie Zwilling.

Imaginer le futur

Élue en 2008, adjointe au maire en charge du cadre de vie (réseaux et voirie, gestion des espaces publiques…), elle s’est attachée à développer la démarche participative citoyenne. « J’ai mis en place des réunions publiques pour de la co-construction. J’ai senti un véritable besoin des habitants d’être impliqués dans les projets », explique Valérie Zwilling, lorsqu’elle évoque la création d’une aire de jeux ou la mise en place du schéma directeur cyclable. « On connaît son quartier mais peu sa ville. Durant ce mandat, j’ai beaucoup appris. Et quand on connaît les choses, on peut mieux imaginer le futur », explique-t-elle. En 2014, elle avoue avoir remarqué une baisse d’enthousiasme pour cette seconde campagne municipale : « Être élu, cela demande de l’organisation, du temps et de l’énergie ». La gauche perd la mairie, Valérie Zwilling devient conseillère d’opposition et découvre une autre vision de la vie politique locale, notamment dans le traitement peu “fair-play” de l’opposition par la majorité.

Valérie Zwilling a également été candidate aux élections régionales de 2015 sur la liste de Claude Bartolone, pour le Val-d’Oise : « Je souhaitais mieux comprendre les relations entretenues par la région et les collectivités locales ». Elle ne s’est pas encore décidée si elle va mener la liste aux prochaines élections municipales mais ce qui est sûr pour cette Européenne convaincue, c’est qu’elle souhaite un renforcement de la politique européenne, qui ne soit pas uniquement économique. « Je souhaite améliorer, au niveau local, la communication sur ce que fait l’Union européenne et sortir de l’euroscepticisme ambiant », conclut Valérie Zwilling.

Julien Bossu

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