L’élue de la semaine : Nadège Azzaz

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Nadège Azzas  L’énergie d’aller plus loin

Conseillère municipale de Châtillon et régionale d’Ile-de-France, Nadège Azzaz est également secrétaire nationale du PS à l’égalité territoriale

Fille d’un militant socialiste, Nadège Azzaz, aussi loin qu’elle s’en souvienne, a toujours eu conscience de l’importance de l’intérêt général. À 20 ans, elle suit de près les élections municipales de 2001 à Châtillon, sa ville. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, elle a vécu l’élection présidentielle de 2002 comme un véritable électrochoc. Mais ses études ne lui permettent pas de s’impliquer davantage. « Je suis allée faire mes études de droit public à Sceaux. J’étais concentrée et peu de temps à consacrer à la vie étudiante », justifie Nadège Azzaz. Elle entre d’abord au MJS avant d’adhérer au PS en 2007. « La victoire de Nicolas Sarkozy a été un séisme pour moi. J’ai décidé de m’engager contre cette politique archaïque, populiste et démagogique », ajoute-t-elle. Majeure en contentieux en première année de master, elle a la possibilité durant sa deuxième année d’intégrer le Conseil d’État comme assistante de justice. Ingénieure d’études de formation et après avoir été détachée dans une collectivité pendant 5 ans, Nadège Azzaz est aujourd’hui responsable RH dans un établissement public.

Socle de l’engagement

Des premières distributions de tracts, elle a gardé le besoin d’être au contact des gens. « Dans l’engagement qui est le mien, les rencontres successives me donnent l’énergie d’aller plus loin. Que ce soit pour des problèmes mineurs ou la défense de grandes convictions, je trouve toujours matière à faire avancer ma vision politique. D’ailleurs, c’est le “boîtage” que je déteste le plus car il est sans contact », explique Nadège Azzaz. Pour cette jeune élue des Hauts-de-Seine, il est important de ne pas être en décalage de ce que vivent les habitants : « La meilleure façon de défendre un engagement, c’est de le vivre ». C’est ce qu’elle fait, comme la plupart des habitants des Hauts-de-Seine : elle travaille et prend les transports. Les contraintes du stationnement, elle connaît. Les problématiques rencontrées par les Franciliens sont aussi les siennes.

Cœur du combat

« La population est en quête de crédibilité en politique, notamment entre les paroles de campagnes et les actes une fois élu. On peut prendre l’exemple très récent de l’augmentation de l’abonnement Navigo par la présidente de Région, Valérie Pécresse. Les attentes de la population vis-à-vis de la classe politique en général ne sont pas assez prises en considération. Nous nous devons, en tant qu’élu local, de faire remonter les préoccupations », confie Nadège Azzaz.

En 2014, elle figure sur la liste PS aux municipales à Châtillon. L’année qui suit, elle entre au conseil municipal apèrs une démission. Elle se confronte à l’exercice ardu de l’opposition dans les Hauts-de-Seine, “laboratoire de la droite dure”. « Une fois passé par là, on peut tout affronter. On se retrouve face à une majorité qui nous muselle, face au mépris, face à une baronnie et à une personnification outre mesure de la politique », ajoute-t-elle.

Tête de liste dans les Hauts-de-Seine, Nadège Azzaz est élue en décembre dernier conseillère régionale d’Ile-de-France. À la Région, l’opposition subit le même sort. Le droit à la parole a été réduit. Elle ne peut plus émettre de vœu et des sanctions ont été introduites en séance. La jeune élue regrette que la “Manif pour tous” fasse tant de lobbying auprès du Conseil régional – la fin du Pass contraception et la mise en place de tests salivaires antidrogue le montrent.

Plusieurs années secrétaire fédérale chargée de l’égalité Femme/Homme, elle est depuis avril secrétaire nationale du PS à l’égalité territoriale : « Il y a une symbolique forte derrière ce choix de nommer une élue des Hauts-de-Seine à ce poste. Ce département a un vecteur de richesse important avec une mauvaise répartition. La péréquation y trouve peu de place entre les ghettos de riches et les ghettos de pauvres. Plus généralement, il n’est pas acceptable que les Français n’aient pas le même accès aux services publics en fonction de leur lieu de résidence, c’est là le cœur de notre combat pour la République », conclut Nadège Azzaz.

Julien Bossu