L’élue de la semaine : Christine Piaulet

christine-piaulet Devoir de solidarité

Christine Piaulet est maire de Naintré, dans la Vienne. Signataire de l’appel des maires solidaires, elle accueille des migrants dans sa commune et cela se passe bien

L’engagement politique de Christine Piaulet est l’aboutissement d’un chemin de vie orchestré par un engagement associatif important. Bien qu’issue d’une famille relativement politisée, Christine Piaulet explique qu’elle fut longtemps peu intéressée par la politique. Mais en 2001, l’ancien maire de Naintré la convie sur sa liste pour les élections municipales. Élue, elle entre dans la vie politique. « Je n’étais pas engagée auprès d’un parti politique en particulier. J’avais l’impression de ne pas forcément être écoutée et de rester un peu au bord du chemin », explique Christine Piaulet. Pour pallier ce manque de reconnaissance, elle adhère en 2003 au PS, parti qui correspond « le mieux à ses idéaux politiques ». Elle prend rapidement des responsabilités au sein de la section jusqu’à en devenir secrétaire. Pour les municipales de 2008, elle est désignée tête de liste socialiste, mais elle doit faire face à l’ancien maire (ex-PS) qui conduit lui aussi une liste sans l’investiture du Parti.

À l’écoute des besoins

« Être tête de liste demande un travail de coordination plus important, mais cela m’a permis de découvrir une autre facette de l’engagement politique », ajoute-t-elle. Plus en discordance sur la forme que sur le fond avec la majorité municipale, Christine Piaulet profite de sa position d’élue d’opposition pour approfondir sa connaissance du fonctionnement d’une collectivité locale. « Lors des dernières municipales, le temps du changement était venu. L’ancien maire se représentait pour un troisième mandat en proposant aux habitants exactement le même programme qu’en 2008. C’était à se demander ce qui a été réalisé durant les six dernières années », déclare Christine Piaulet, qui a fait le choix d’amplifier la participation populaire dans la gestion de sa ville. Après des tables rondes durant la campagne, la maire a souhaité ouvrir les commissions à une soixantaine de citoyens afin de mieux percevoir les besoins des habitants. Cette collaboration a mis en évidence, par exemple, des attentes d’amélioration de qualité de vie des seniors (mobilité, isolement…).

Par ailleurs, la réforme territoriale et baisse des dotations font réfléchir Christine Piaulet quant à la fusion de sa commune avec celle, voisine, de Colombier. « Nous avons mis en place un comité de pilotage pour cette fusion, qui est une suite logique pour notre bassin de vie », précise la maire de Naintré, qui n’oublie pas que cela lui permettrait de peser plus au niveau de l’agglomération de Châtellerault.

Accueil des migrants

À l’automne 2015, Christine Piaulet fait partie de ces élus qui entendent l’appel du ministre de l’Intérieur pour répertorier les bâtiments vacants et disponibles pour l’accueil de ceux qui étaient appelés réfugiés. La ville de Naintré dispose d’une ancienne gendarmerie inoccupée, composée de grands appartements. « Nous avons proposé ces logements à l’État et en novembre 2015, un appel de la sous-préfecture nous annonce l’arrivée de migrants Kurdes Irakiens dans les 48 heures. Nous avons recueilli les dons de la population afin de préparer et meubler deux appartements pour leur arrivée », explique Christine Piaulet. Un élu référent est alors désigné afin de coordonner les actions des habitants en faveur de ces nouveaux résidents (mise en place de cours de français, découverte d’un nouveau mode de vie, planning de rendez-vous, logistique…). La mairie travaille avec l’association Audacia qui s’occupe des démarches administratives. En juin dernier, Naintré a accueilli 25 migrants supplémentaires. Ils sont originaires du Soudan. « Malgré leurs très faibles moyens, ils ont tenu à organiser un repas afin de faire découvrir à leurs nouveaux voisins une partie de la culture de leur pays. Accueillir des migrants n’est pas une décision appréciée de tous mais dans sa grande majorité les habitants de Naintré font preuve de solidarité », conclut Christine Piaulet.

Julien Bossu

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