L’élue de la semaine : Agnès Sinsoulier

 La culture en partage

Agnès Sinsoulier est vice présidente de la région Centre Val-de-Loire, où elle est chargée de la culture et de la créativité numérique

Agnès Sinsoulier est née en 1971, l’année du congrès d’Epinay. Elle est issue du milieu rural, d’une famille d’artisans et d’agriculteurs. « Dans mon engagement politique ce qui me porte beaucoup, c’est qu’en trois générations, ma famille est passée de la domesticité à la vice-présidence de région. Je ne trouve pas que l’ascenseur social soit en panne et la République est toujours un vecteur de réussite sociale. Chaque enfant a la chance d’accéder à l’école et à un diplôme », se félicite Agnès Sinsoulier lorsqu’elle évoque les raisons de son engagement politique.

Sa rencontre avec le monde politique se passe à Bordeaux, lorsqu’elle fait la connaissance de Gilles Savary et qu’elle épouse son combat pour le maintien en régie directe d’un marché du centre-ville. « C’était une façon de maintenir des prix bas dans une ville où les prix ne sont pas toujours accessibles. J’étais étudiante, je connaissais des difficultés à m’établir de manière stable dans la vie professionnelle et j’allais sur ce marché pour faire mes courses. Malheureusement, il est passé en délégation », raconte Agnès Sinsoulier marquée par ces quelques années difficiles. Dès lors, elle ne cessera jamais de travailler sur les questions de sécurisation de l’emploi et notamment dans le milieu de la culture qu’elle connaît tout particulièrement. Après cette expérience elle restera sympathisante, notamment en raison d’une mobilité universitaire et professionnelle importante.

L’envie d’y aller

En 2005, elle s’établit à Bourges en tant qu’attachée de conservation du patrimoine et décide d’adhérer au Parti Socialiste suite à sa rencontre avec Irène Felix, qui a su trouver les mots justes pour lui faire sauter le pas. D’ailleurs, pour les élections municipales de 2008, Irène Felix lui demande de rejoindre son équipe de campagne. « Même si nous avons perdu cette élection, elle fut pour moi très formatrice », ajoute Agnès Sinsoulier. Elle se lance en 2010, lors des élections régionales en tant que numéro 2 sur la liste. Ce sera l’élément accélérateur de son parcours politique. « Le Conseil régional est un gros paquebot, il faut un temps d’adaptation pour en comprendre pleinement le fonctionnement et le spectre de ses interventions », précise Agnès Sinsoulier qui, pour son premier mandat se voit attribuer la présidence de la commission Europe coopération décentralisée.

Ensuite, elle est candidate sur la 2e circonscription du Cher lors des élections législatives de 2012. « J’arrive en deuxième position avec une très large progression du PS, mais je ne l’emporte pas. Cette campagne m’a permis de gagner en légitimité localement et au sein du Parti », explique Agnès Sinsoulier. Pour les dernières élections municipales, Irène Félix lui demande de faire partie de sa liste et Agnès Sinsoulier est élue conseillère municipale d’opposition, elle est également élue communautaire de Bourges Plus.

La culture pour sortir du sentiment d’abandon

Lors des régionales de 2015, Agnès Sinsoulier est de nouveau numéro 2 sur la liste et elle est réélue. Elle se voit alors confier la vice-présidence, délégué à la culture et à la créativité numérique. A la région Centre-Val de Loire, les questions de numériques sont réparties dans trois domaines : aménagement du territoire, économie numérique et culture. Dans la culture, le numérique est devenu un média supplémentaire.

« Être en charge de la culture est un point de convergence entre mes parcours universitaire et professionnel, mais aussi dans mon engagement en politique. C’est une délégation que je souhaitais et je m’efforce de ne pas être simple technicienne du secteur. La culture a aussi son rôle à jouer pour que les gens se sentent bien sur un territoire », précise Agnès Sinsoulier. La région continue la mise en place des pactes, projets artistiques et culturels de territoire, qui favorisent la participation de tous les habitants. Elle prévoit également de sécuriser les parcours professionnels dans le domaine de la culture en y apportant un meilleur accompagnement. « Depuis le mois de juin 2016, on organise les Etats généraux de la culture avec des rendez-vous dans les 6 départements et sur des thèmes transversaux pour que cela crée de l’échange entre les professionnels du secteurs et les citoyens. De plus, la loi NOTRe, qui fait de la culture une compétence partagée et la loi “liberté création architecture et patrimoine” apportent un renouveau législatif pour la Culture », conclut Agnès Sinsoulier, qui a été désignée candidate pour les prochaines élections législatives.

Julien Bossu