L’élue de la semaine: Valérie Revel – Da Rocha

Valérie revelDe la santé à la culture

Héritière d’une tradi­tion familiale militante, Valérie Revel-Da Rocha s’est investie dans la vie de Lescar, capitale his­torique du Béarn. Elle est adjointe au maire.

Dans le domaine du militantisme à gauche, elle a de qui tenir… et pas un peu ! Née en 1968, elle a bai­gné dedans dès son enfance, ou presque : un grand-père militant à la SFIO après avoir fui le Portugal de Sa­lazar ; un père militant socialiste, élu local à Pau aussi, qui a participé très tôt à l’aventure de la Fédération Léo Lagrange avec Pierre Mauroy.

Elle n’a rien oublié : « J’ai très présent le sou­venir de ces campagnes électorales aux­quelles très tôt j’ai participé en allant coller des affiches. Il était facile de me porter sur les épaules pour celles que nous devions coller sur le plafond des ponts ! » Tout a suivi logi­quement : le MJS en 1984, les manifestations contre la loi Devaquet en 1986. Elle reprend : « Mon engagement militant actif s’est sus­pendu pendant mes années d’études en médecine à Toulouse et mon installation professionnelle et familiale, tout en conti­nuant à m’intéresser à la politique locale ou nationale, aux débats, aux élections, et en faisant campagne autour de moi, dans mon réseau social et amical. On ne se refait pas… ! ». Elle rejoint en 2006 la section socia­liste de Lescar, son domicile. Tout s’enchaîne ensuite, presque inéluctablement : secréta­riat de la section, investissement au niveau fédéral, comme secrétaire fédéral à la santé. La santé… une évidence pour ce médecin hospitalier et chef de service. Elle est spécia­lisée en gériatrie, santé publique et méde­cine sociale.

Ce n’est pourtant pas dans ce domaine qu’elle s’investit au niveau local, même si à partir de 2008 elle a donné un coup de main à la municipalité socialiste et à la conseillère générale sur les questions gérontologiques, « notamment, dit-elle, avec la création de la MAIA Pau-Lescar (Maison pour l’intégration des malades Alzheimer), dont nous avons réussi à obtenir un financement de l’Agence régionale de santé ». Ce coup de main, elle le donne sans être élue : elle n’a pas voulu figu­rer sur la liste de gauche aux municipales de 2008 du fait de ses contraintes familiales et professionnelles, tout en promettant de s’in­vestir davantage en 2014. Elle a tenu parole et entre dans l’équipe municipale en mars, comme adjointe au maire, chargée de la culture, du patrimoine et du tourisme.

Les élections sont invalidées, la liste de gauche et celle de droite ayant obtenu le même nombre de voix. Nouvelles élections en décembre, et la gauche l’emporte, cette fois avec 71 voix d’avance.

La passion de la culture

Valérie retrouve maintenant son poste, elle est aussi conseillère communautaire, membre de la commission culture de la Communauté d’agglomération Pau-Pyré­nées. La gauche est maintenant minoritaire dans cette structure : « C’est un peu compli­qué. » Elle ajoute quand même : « On peut peut-être franchir les barrières politiques plus facilement dans le domaine culturel. » L’avenir le dira.

Elle va engager un travail de fond pour la création d’un Pays d’Art et d’Histoire en y intégrant Lescar, « car, dit-elle, nous avons tout pour y prétendre : cité antique avec une très belle collection archéologique, cité mé­diévale avec la cathédrale Notre-Dame, sans oublier la nécropole des rois de Navarre. » Elle entend valoriser le passé local, le faire connaître aux habitants « pour qu’ils se l’ap­proprient, qu’ils s’impliquent de plus en plus dans notre grande fête médiévale annuelle. La culture doit être aussi un vecteur de co­hésion sociale : nous en avons besoin dans cette ville périurbaine de l’agglomération paloise ». Elle est déjà dans l’action.

Denis Lefebvre

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°192-193 du 21 décembre 2014

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