L’élue de la semaine : Marie-Hélène Lopez-Jollivet

En terre de missionLopez Jollivet

Marie-Hélène Lopez-Jollivet, maire de Vernouillet dans les Yvelines a une particularité, réussir à se faire élire dans des terres de conquête. Son secret: bien organiser son camp et être encore plus près du terrain.

Cadre bancaire devenue élue à plein-temps, militante socialiste élue dans des terres plutôt hostiles à la gauche, jeune mais avec déjà un long parcours d’élue, Marie-Hélène Lopez-Jollivet cultive les paradoxes. « Déjà à l’école, on venait me chercher pour représenter mes camarades au conseil de classe ». Il s’ensuit, presque comme une évidence, des études de gestion des collectivités locales dans le cadre de sa formation à Sciencespo et dans la foulée de premiers engagements dans la vie politique et associative.

Première campagne en 1989 au Vésinet dans les Yvelines, autant dire une terre de mission. Premier échec, dont elle retire la conviction qu’il faut adhérer au PS. Poursuivant son aventure « d’oiseau rare dans des villes conservatrices », elle se pose à Vernouillet, le temps d’avoir trois enfants… et de s’investir dans la vie locale et commençant par « rebâtir l’opposition municipale ». Encore battue en 1995, elle entre cependant au conseil municipal comme élue minoritaire. Tête de liste en 2001, elle est battue à la mairie, mais élue le même jour conseillère générale des Yvelines, autre terre de mission. Elle est la seule femme et parmi les plus jeunes de l’assemblée départementale. Elle travaille d’abord les dossiers culturels, puis financiers, ces deux passions. Surprise en 2005, le conseil municipal de Vernouillet explose en plein vol en cours de mandat, renouvellement général et élection de la liste de gauche avec 71 % des suffrages ! Elle sera réélue maire en 2008, mais battue sur le fil au conseil général.

Ligne de conduite

« C’est l’originalité et la difficulté de mon parcours, me glisser là où ce n’est pas prévu ! Ce qui m’impose d’être au plus près du terrain ». Cela ne l’empêche pas d’être perçue comme une femme de caractère et d’action, qui bouscule parfois ses voisins et amis. Comme de nombreux maires, elle est bien sûr fière de nombreuses réalisations, mais sa plus grande fierté, c’est un spectacle annuel de son et lumière sur l’histoire et l’identité de la ville, qui mobilise plus de 200 figurants et 1 000 spectateurs à chaque représentation. « Vrai temps fort de partage, d’émotion, de bonheur, de lien social et de création artistique ».

Madame le Maire est aussi fière de sa médaille du Mérite agricole, obtenue en raison de son action en faveur de l’agriculture périurbaine pour la première zone agricole protégée d’Ile-de-France. Des projets lourds sont envisagés pour le nouveau mandat, comme la réhabilitation d’un quartier de 830 logements sociaux, qui deviendront un éco-quartier solidaire. Car Marie-Hélène Lopez-Jollivet est au coeur des problématiques de la grande couronne d’Ile-de-France. Elle siège au bureau de Paris-Métropole et surveille l’engagement des grands équipements dans la vallée de la Seine. Compte tenu des enjeux de son territoire, elle a fait le choix d’être une élue à plein-temps, ce qui pose la question du statut des élus. À de jeunes candidats, elle donne les conseils suivants : « Avoir conscience qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde, avoir une ligne de conduite claire, faire ce qu’on doit faire et n’attendre rien en retour ». Son slogan électoral en 2014 : “Pour une ville forte et solidaire”. Un slogan qui lui va comme un gant !

François Descamps

Ce portrait est extrait de la newsletter n°155 du 2 mars 2014