L’élue de la semaine: Isabelle Santiago

Isabelle SantiagoLa jeunesse au coeur

Elle ne manque pas de clamer: « Une vie dans et pour Alfortville ». Certes, mais il n’y a pas que cela…

Isabelle Santiago est de cette ville socialiste de la banlieue sud-est de Paris, y a grandi, y vit, y milite, y est élue, adjointe au maire et conseillère générale. Née en 1965, elle a baigné très tôt dans le socialisme : «J’ai grandi dans une ville socialiste, dans une famille socialiste de cœur, très heureuse de l’arrivée de Mitterrand au pouvoir. Tous les parents de mes amis étaient au Parti socialiste, militaient, collaient.» Le maire de l’époque était Joseph Franceschi, son successeur a été René Rouquet, qu’elle rencontre à l’âge de 18 ans : elle prend sa carte au PS un an plus tard. Bientôt, ce dernier lui demande de créer le service municipal de la jeunesse : «J’ai eu carte blanche. Tout était dans l’ordre du possible, en tenant compte bien sûr des réalités budgétaires». Plus tard, elle rejoindra le Conseil régional d’Ile-de-France, puis le cabinet du président du Sénat, Jean-Pierre Bel. Par ces expériences professionnelles, elle acquiert un savoir-faire, une compétence et un grand intérêt pour les politiques publiques : «À travers elles, on peut un peu changer la vie des gens.»

L’essentiel part d’Alfortville, et y revient toujours. En 2001, elle entre dans l’équipe municipale de René Rouquet, devient adjointe au maire, et couvre le secteur des manifestations locales. «Là aussi, reprend-elle, René m’a donné carte blanche pour innover et inventer dans la ville, dans un esprit de cohésion sociale et de vivre ensemble.» Dans son deuxième mandat, s’ajoute aux manifestations le secteur de la petite enfance. Aujourd’hui, deuxième adjointe au maire, elle gère les secteurs du personnel communal, de la petite enfance et des familles.

Le combat d’une vie

En 2011, elle franchit une nouvelle étape, sous son nom propre cette fois : elle entre au Conseil général du Val-de-Marne, et devient vice-présidente, chargée de la prévention, la protection de l’enfance et de l’adolescence et de la prévention spécialisée. Une étape déterminante à bien des égards ! Tout d’abord, parce qu’elle peut donner à son combat pour la jeunesse une autre ampleur : «On a les moyens par le Conseil général de mener des politiques publiques avec des budgets importants, même si chaque dépense est à regarder au plus près. Mais la réalité est celle-là: on a une capacité de faire, sur des politiques publiques qui touchent au quotidien les gens. Pour les jeunes, par exemple, nous pouvons toucher ceux qui sont en rupture, les accompagner vers le chemin du droit commun, donc de la République». Ensuite, parce qu’elle prend conscience au plus près de la dimension humaine de la protection de l’enfance : «J’ai vu ce que certains enfants ont subi: pour moi, plus rien ne sera comme avant. En tant qu’élue, je ne peux pas reculer. En tant qu’être humain, je ne peux pas ne pas faire avancer cette cause-là, qui mériterait d’être une grande cause nationale, tant les dégâts sont colossaux.» Elle ajoute : «Ce que je vois au quotidien, c’est juste pas possible, il faut qu’on le sache.»

Isabelle Santiago agit à tous les niveaux : au Conseil général bien sûr, dans des réunions dans les collèges, dans des colloques, à Matignon. Elle fait en sorte que tout le monde travaille en transversalité : Éducation nationale, police, justice, etc. Ce qu’elle a pu initier avec d’autres dans le département est unique en France.

Oui, pour elle, rien ne sera plus comme avant. Au point que si elle abandonne un jour la politique, elle sait déjà qu’elle restera active sur ce chantier, dans le monde associatif.

Denis Lefebvre

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°201 du 23 février 2015

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