L’élue de la semaine : Gisèle Stievenard

La solidarité au coeur de l’engagementG Stievenard

De longue date investie dans les instances de la FNESR, Gisèle Stievenard, adjointe au maire de Paris et vice-présidente du département, conclut en mars une carrière d’élue dédiée à un combat pour l’égalité.

L’adjointe au maire de Paris chargée de la politique de la ville et de l’engagement solidaire est née à Sarcelles, dans un milieu ouvrier. Très vite, Gisèle Stievenard prend conscience des inégalités qui divisent la société française. Elle adhère au PS en 1974 pour défendre la cause des plus démunis et permettre de leur offrir de meilleures conditions de vie. « Les élections présidentielles de 1974 ont apporté un espoir de victoire aux jeunes de gauche. L’Union de la gauche était une première ! », précise-t-elle avec ferveur. L’espoir va se concrétiser sept ans plus tard avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981.

Pour se rapprocher de son emploi à la Compagnie bancaire, Gisèle Stievenard emménage dans la capitale. Son engagement militant empli de l’espoir de changer la société la pousse à prendre part aux élections municipales en 1983. Elle devient conseillère de Paris dans le 19e arrondissement et y sera réélue en 1989 et 1995. « Être en latence dans l’opposition est une expérience formatrice et enrichissante. Cela permet de s’imprégner des préoccupations des Parisiens et d’apprendre le fonctionnement d’une grande collectivité », déclare Gisèle Stievenard. Cela a permis à Bertrand Delanoë de façonner une équipe solide pour conquérir une mairie qui semblait imprenable à la droite.

 

Le temps du changement

 

En 2001, avec la victoire de la gauche aux élections municipales, elle devient adjointe chargée des affaires sociales. Elle axe sa politique sur l’aide sociale à l’enfance et la lutte contre les exclusions. Deux événements tragiques ont marqué son premier mandat dans la majorité municipale. La canicule de 2003, qui n’a pas épargné les personnes âgées. « Nous avons décidé de miser sur le lien intergénérationnel pour lutter contre l’isolement des anciens à Paris. Une solidarité envers les personnes âgées a émergé et des jeunes en service civique auprès de la mairie sont chargés du recensement, de porter de l’eau et de s’assurer que tout va bien», développe Gisèle Stievenard. Depuis 2007, ce sont 250 jeunes qui accomplissent chaque année leur service civique volontaire dans des missions pour les différents services de la ville. En 2005, elle doit faire face à une série d’incendies dans des logements vétustes qui ont fait des victimes. Son plus mauvais souvenir.

Réélue en 2008, Bertrand Delanoë lui confie la politique de la ville et l’engagement solidaire. Paris est la seule ville qui dispose d’un élu chargé d’une telle mission. Elle lance le dispositif “Louez solidaire” afin de remettre sur le marché de la location des logements privés vacants. La mairie se porte garante pour les loyers. Depuis son lancement, cette expérience a permis le retour de 1 000 logements vers les foyers les plus modestes. Gisèle Stievenard est également fière de l’ouverture des “Accorderies”. Ce principe, emprunté aux Québécois, favorise la solidarité de proximité. C’est une entraide directe entre les habitants, un échange de temps ou de service qui s’appuie sur les structures déjà en place dans les quartiers. Le 19e arrondissement a été pionnier dans son développement.

Gisèle Stievenard n’a cessé de lutter pour tirer de l’oubli les quartiers populaires de la capitale, les sortir de l’insalubrité, les désenclaver, pour plus de mixité sociale. « Aujourd’hui, c’est à l’échelle de la métropole que Paris va se développer pour être plus attractive, plus dynamique et plus solidaire », note Gisèle Stievenard, fière du travail accompli, avant de conclure : « La vie d’élue est chronophage mais passionnante ».

Julien Bossu

 

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