L’élue de la semaine: Cathy Kerkaert

Cathy KerkaertCombattre le “pas possible”

Elue locale à Alfortville depuis 2002, Cathy Kerkaert s’investit à plein temps dans le dossier du handicap. Humanisme, action et empathie sont ses maîtres-mots

Tournée vers l’autre en permanence, elle s’inscrit dans une tradition familiale. Son arrière-grand-père a créé une association pour le soutien aux mères célibataires ; son père pharmacien a entraîné au sport des jeunes en difficulté, a aidé les pieds-noirs à leur arrivée d’Algérie et s’est occupé de Maghrébins qui ne savaient pas rédiger certains papiers ; sa mère a fait du soutien scolaire. «Tout est logique, finalement. L’éducation que j’ai reçue m’a beaucoup influencée», commente-t-elle sobrement.

Enseignante, elle a choisi un poste dans un secteur sensible de la ville d’Alfortville : «Une évidence pour moi», ajoute-t-elle. Elle y reste jusqu’à son départ en retraite. Parallèlement, elle s’engage dans le monde associatif, et tout particulièrement dans l’APAJH 94, ayant compris «que l’intégration scolaire, l’inclusion de l’élève porteur de handicap est un objectif prioritaire. Il faut l’accueillir en classe et dans l’école, sensibiliser les collègues, former les auxiliaires de vie scolaire, combattre le handicap social avec des outils fédérateurs tels les projets d’école associant toutes les communautés et les associations de quartier.»ournée vers l’autre en permanence, elle s’inscrit dans une tradition familiale. Son arrière-grand-père a créé une association pour le soutien aux mères célibataires ; son père pharmacien a entraîné au sport des jeunes en difficulté, a aidé les pieds-noirs à leur arrivée d’Algérie et s’est occupé de Maghrébins qui ne savaient pas rédiger certains papiers ; sa mère a fait du soutien scolaire. «Tout est logique, finalement. L’éducation que j’ai reçue m’a beaucoup influencée», commente-t-elle sobrement.

Tout naturellement, elle a rejoint le Parti socialiste. C’était en 1991. Là aussi, ses idées sont simples, claires, bien arrêtées. Pourquoi le Parti socialiste ? «La gauche, c’est faire bouger ce qui ne va pas, c’est le social. C’est d’avoir le respect de l’autre et de ses différences. Je suis de gauche. Voilà. Les valeurs socialistes sont les miennes. Il y a la camaraderie, la chaleur des camarades, mais c’est surtout l’esprit et les valeurs qui m’attirent.»

Une action transversale

Quelques années plus tard, en 2002, elle ajoute une nouvelle dimension à son engagement et à son action : «René Rouquet est venu me chercher pour être sur sa liste municipale par rapport à ce que je faisais dans mon école.» Elle ajoute : «Le fait d’être élue m’a permis de m’engager encore plus, et d’avoir des outils pour arriver à concrétiser certaines choses, même si le coût est un frein. Mon premier mandat a été de la sensibilisation; le deuxième a été celui de la concrétisation, avec la création du référent handicap et le pôle handicap au CCAS.»

Maintenant, elle est dans son troisième mandat : «J’assume la vice-présidence du CCAS, on récolte des fruits et on peut faire encore davantage.» L’action est multiforme, et surtout transversale. La transversalité, c’est de pouvoir fédérer les acteurs sociaux pour vaincre les obstacles, mais aussi pour faire changer le regard des autres : «Par exemple, je travaille avec la DRH de la ville pour former les agents qui reçoivent des Alfortvillais porteurs de handicap. Changer le regard des agents de la ville quand ils travaillent avec un collègue handicapé. Changer les pratiques, aussi. Quand on fait un pot à la mairie, on fait appel à des ateliers protégés. Pour la blanchisserie, c’est pareil. Nous devons avoir des pratiques citoyennes.» Cette action s’appuie sur de l’écoute, du suivi, du respect et de l’accompagnement. Les résultats se mesurent au quotidien. La reconnaissance aussi : en 2013, la commune a été nominée au Trophée APAJH pour l’accessibilité universelle ; début mars 2015, le centre aquatique local a reçu le label Tourisme & Handicap. Pour autant, il ne faut jamais s’arrêter, et Cathy Kerkaert conclut presque : «Il y a de la force dans la durée.» Avant d’ajouter, quand même : «Le “pas possible”, c’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à admettre.»

Denis Lefebvre

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°205 du 23 mars 2015

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