L’élue de la semaine : Annie Guillemot

Elue de la semaine - Annie Guillemot

Annie Guillemot est maire de Bron, dans la proche banlieue lyonnaise, conseillère communautaire du Grand-Lyon et de la région Rhône-Alpes.Membre de l’Observatoire de la laïcité, elle est également vice-présidente de l’AMF, chargée de la commission Villes et territoires urbains.

 

Annie Guillemot est ce que l’on peut appeler un pur produit de l’école publique et laïque. Son caractère militant s’est forgé au contact de son grand-père, ancien résistant, de son oncle, maire du village voisin de son enfance, et surtout d’un frère lourdement handicapé. Elle grandit dans ce climat familial ouvert sur les autres et pétri de valeurs républicaines. L’école lui permet de s’émanciper. Elle a grandi durant cette période où toutes les jeunes filles n’allaient pas au lycée. Alors étudiante en licence d’histoire à la toute jeune université de Lyon II, elle vit les changements de société de plein fouet : la libération des femmes, l’abaissement de l’âge de la majorité… Annie Guillemot adhère au Parti socialiste en 1980. Après avoir terminé son DEA de géographie urbaine, elle est lauréate du concours des travaux publics de l’Etat et commence une carrière d’ingénieur.

Elle se consacre au développement du laboratoire d’évaluation des politiques publiques, dont elle s’est mise en disponibilité depuis 2000. Résidente de la commune de Bron, proche de Jean-Jack Queyranne, elle devient en 1989 adjointe au maire chargée de la politique de la ville et 10 ans plus tard elle est à la tête de la municipalité. Elle est également conseillère régionale de Rhône-Alpes depuis 2001 et membre du conseil communautaire du Grand-Lyon depuis 1995. Elle en est vice-présidente depuis 2002 et depuis 2008 chargée de la mixité des fonctions urbaines. Sa politique municipale suit une ligne de conduite constante, celle du “vivre ensemble”. Depuis 2013, elle est membre de l’Observatoire national de la laïcité, présidé par Jean-Louis Bianco. Elle y travaille à la préparation d’un guide à destination des entreprises et d’un autre pour les collectivités territoriales. La pédagogie et le dialogue restent ses outils de prédilection dans la construction d’une société plus respectueuse des uns envers les autres.

 

Cohésion et épanouissement

 

Le vivre ensemble implique un respect fort des principes de la laïcité républicaine. Dans sa commune, elle en prône un strict respect. Madame le maire a su trouver “une solution” quant à la problématique des cantines scolaires. « Il est hors de question de proposer de la viande soumise à une dime religieuse », précise-t-elle. Un règlement des cantines est en place pour rappeler les fondements de ce service public. L’utilisation d’un self permet de limiter les incidents. L’enfant est libre de prendre ou non de la viande. Annie Guillemot souligne : « Sur le territoire de ma commune, je dois faire face à une problématique de ségrégation à la fois voulue et subie. Certaines communautés ne se mélangent pas aux autres ». Cette situation peut favoriser la montée des extrémismes. Ainsi, elle demande « plus de fermeté aux atteintes faites à la laïcité et aux actes racistes ». Pour elle, « la gauche n’a pas abandonné le combat de la laïcité. Le débat d’idées doit revenir sur le devant de la scène politique pour enfin sortir de la stratégie de la peur mise en place par le FN. Les lois existent, il faut les appliquer ». Annie Guillemot reste persuadée que la sortie de la crise idéologique, sociale et financière ne peut se faire que par l’emploi. Il permettra de se focaliser un peu plus sur les droits et les devoirs nécessaires à la cohésion républicaine et à l’épanouissement de tous.

Julien Bossu