L’élu de la semaine: Jean Belloc

Jean BellocJeune élu d’opposition… pour l’instant !

Il anime les jeunes socialistes du Lot-et-Garonne. Il est aussi tout jeune élu d’opposition à Casteljaloux aux confins de la forêt des Landes et du Marmandais, en Gascogne. Portrait de Jean Belloc, un des représentants d’une génération qui n’entend transiger sur rien.

Étudiant à Bordeaux, Jean Belloc est aussi tout jeune élu de sa commune, Casteljaloux en Lot-et-Garonne. À 23 ans, il était en troisième position sur la liste de gauche aux dernières municipales. Cette première expérience de campagne hélas conclue par une défaite ne le décourage en rien, tant l’expérience a été riche. Il a beaucoup appris, à la fois de la nécessité de l’union de la gauche et du mépris que la droite peut manifester à l’encontre des idées de gauche et de ceux qui les défendent.

Une leçon de vie politique. Pourquoi Casteljaloux ? Parce qu’il s’agit de sa commune, là où il a grandi, là où il est allé à l’école, là où il avait envie de s’investir et de témoigner. « Pour moi c’était normal que mon investissement politique se fasse là », assure-t-il, marquant une fidélité à sa commune d’origine.

Jean Belloc a adhéré au Parti socialiste et au Mouvement des Jeunes Socialistes en 2012. Il fait alors  la campagne du candidat socialiste de sa circonscription, Matthias Fekl, qui l’emporte largement au second tour. Il s’agit pour lui d’une vraie rencontre, qui lui donne foi en l’action politique. S’il éprouve alors un véritable intérêt pour la chose publique, c’est cette rencontre qui s’avère décisive. Jean Belloc s’est « toujours senti socialiste ». En 2011, au moment des primaires, il penche pour Arnaud Montebourg, dont il apprécie le volontarisme.

En phase avec le pays

Pour lui, la politique c’est à la fois des actes concrets et une bataille idéologique. Tout est lié. Pour lui, le socialisme c’est aussi l’émancipation de l’humanité. Brillant, il cite volontiers Jaurès, lit Gramsci, s’intéresse à la meilleure façon de porter les idées de gauche dans une France toujours davantage victime de fractures territoriales.

Il est depuis longtemps préoccupé par la droitisation du débat public, par le renoncement devant le tout-marché et par les pulsions identitaires. Est-ce difficile d’être jeune engagé en politique ou d’être jeune et élu ? Jean Belloc aimerait que cela paraisse normal de l’être mais affirme volontiers que la situation des jeunes en politique n’est probablement pas plus compliquée que dans n’importe quel autre milieu en France.

Au conseil municipal, il assume parfaitement son rôle d’élu d’opposition : «Nous sommes tous des conseillers municipaux et, pour ma part, je n’aurai aucun mal à voter une délibération si j’estime qu’elle va dans le bon sens». Mais il se fait une idée exigeante du débat démocratique et entend porter devant les citoyens des décisions qu’il juge trop souvent prises dans le silence feutré des réunions d’élus.

Lorsque l’on interroge Matthias Fekl sur le jeune élu, celui-ci s’enthousiasme : « Je me souviens qu’il est venu à ma permanence pendant la campagne des législatives de 2012. Le courant est tout de suite bien passé et il a décidé de s’engager. Visiblement il y pensait depuis longtemps. C’est grâce à des militants comme lui que nous avons pu faire face à l’affaire Cahuzac en Lot-et-Garonne. C’est avec des militants comme lui que nous sommes en train de construire un nouveau PS, plus ouvert et rénové dans des pratiques démocratiques. Il appartient à une nouvelle génération de militants pour qui la politique, ce sont des actes, de la sincérité, un certain rapport à la vie. Une génération que la gauche au pouvoir ne doit pas décevoir et qu’elle serait bien inspirée d’écouter davantage car elle est très en phase avec la réalité du pays ». Jean Belloc, un socialiste à suivre !

Gaël Brustier

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°164, du 4 mai 2014

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