L’élu de la semaine: Damien Carême

Damien CarêmeBanlieue verte

En juin dernier, les élus de l’Association des maires Ville & Banlieue de France ont élu leur nouveau président: Damien Carême, 53 ans, maire de Grande-Synthe depuis 2001 et réélu en mars dernier

Aux origines, comme les cités industrielles voisines, Grande Synthe est une ville de banlieue de 22 000 habitants où les petits pavillons ouvriers s’étendent à l’ombre des barres d’immeubles. Encerclée par l’autoroute et les usines classées Seveso, elle est pourtant un havre de verdure dans un monde de béton. À l’entrée de la ville, de beaux écoquartiers remplacent peu à peu les immeubles de briques rouges construits à la hâte dans les années 1960. Au détour d’une rue, le chant des oiseaux, le bourdonnement d’une abeille ou le ruissellement d’un cours d’eau se fait entendre. Car à Grande Synthe, tout a commencé par des arbres : « Ma famille est originaire de Lorraine, explique Damien Carême, maire de la ville. Là-bas, il y avait beaucoup de forêts. Quand nous sommes arrivés à Grande-Synthe, mon père est resté muet devant l’absence d’arbres. Il a voulu en planter ». À l’époque, la ville compte déjà plus de 20 000 habitants, principalement des ouvriers de la sidérurgie. Devenu maire en 1971, le père de Damien Carême décide de reboiser la ville : l’histoire verte de la commune commence.

L’habitant reste la priorité

Quatre décennies après ce premier reboisement, la nature a regagné ses droits. Aujourd’hui, Grande Synthe compte 353 hectares urbanisés pour 400 d’espaces verts, 150 de forêts et 43 d’étangs. Une explosion verte qui profite aux habitants : « Chaque maison est située à moins de 300 mètres d’un jardin et tous les Synthois disposent d’au moins 127 mètres d’espaces verts chacun. Pour rapprocher les habitants de la terre, la ville met à leur disposition 600 parcelles de jardins potagers », précise le maire.
Car avant toute chose, c’est le bien être des Synthois qui intéresse Damien Carême : « Notre première politique reste sociale. Nous sommes dans une ville durement touchée économiquement au sein d’une région qui l’est aussi. Près d’un quart de la population n’a pas d’emploi. Grande-Synthe est la 47e ville la plus pauvre de France. Nous agissons là dessus en priorité ».

Mais chez ce socialiste « depuis le début », politique de développement durable et politique sociale sont indissociables : « Il faut aider les gens dans l’immédiat mais aussi sur le long terme. Les populations en difficulté sociale seront les plus touchées par les problèmes environnementaux ». Au départ, Damien Carême ne se destinait pas à reprendre le flambeau paternel. « J’avais dit, jamais je ne deviendrai maire ! » confie-t-il avec un grand sourire. « Mais quand on veut faire évoluer les choses, on se doit de s’engager et de prendre des responsabilités ». Il décide donc de se présenter en 2001. Sa liste sort vainqueur des élections, c’est le début d’une carrière riche en réussites : il est réélu en 2008 et 2014, devient également vice-président de la Communauté urbaine de Dunkerque chargé de la transformation écologique et sociale de l’agglomération, conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et tout récemment… président de l’Association des maires Ville & Banlieue. En bas des tours d’un quartier en rénovation, les habitants semblent contents. Ils donnent l’accolade au maire et l’invitent à venir goûter les légumes bios des jardins partagés. Pour Damien Carême, l’écologie, « si l’on est patient et déterminé », peut changer la ville et la vie des habitants. L’action politique aussi, et ça, Damien Carême l’a bien compris.

Arthur Créhalet

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