L’élu de la semaine

W. SeemullerL’homme aux trois vies

William Seemuller est conseiller municipal de Hyères et adjoint spécial de l’île de Port Cros. Il est aussi le président de l’Union départementale des élus socialistes et républicains du Var

Issu d’une famille hyèroise par sa mère et jurassienne par son père, William Seemuller est titulaire d’un DEA de sciences économiques spécialisé dans l’agriculture et d’un Master à l’ESSEC. Dans une première vie, il a travaillé auprès de Pierre Joxe à l’Assemblée nationale de 1979 à 1984, puis de Louis Mermaz de 1984 à 1986 comme chargé de mission. « J’y étais chargé des questions agricoles puis de la communication. C’était une période très dure mais clé pour la gauche et une fierté d’avoir travaillé pour deux hommes d’État », précise-t-il.

Dans une deuxième vie, il entre dans le privé en 1987 et exercera différentes responsabilités. Il y restera 27 ans dont 15 comme directeur international des ressources humaines d’un grand groupe français : « J’ai pris la mesure de l’ouverture des frontières à partir de la chute du Mur, de la valeur des talents et d’une image très forte de notre pays, souvent plus forte que ce que nous pouvions entendre en France ».

La troisième vie de William Seemuller sera celle de la politique locale. Depuis la fin de sa carrière professionnelle, il a pris le temps de s’investir pleinement dans des causes qui lui sont chères. « Je suis adhérent du PS depuis 1977 et membre de la section d’Hyères depuis 1989. Par manque de temps, je n’étais qu’un simple militant », ajoute-t-il.

L’engagement politique, « c’est le moyen privilégié de peser sur son environnement, de rendre la société plus juste et plus humaine, de donner du sens à sa vie ». En vue des élections municipales de 2014, la section lui confie la tête de liste d’une gauche plurielle. « Il était nécessaire de trouver un candidat capable de rassembler. Nous avons bâti ensemble un programme autour d’une triple ambition pour Hyères : ville d’innovation, de solidarité et du développement durable. Nous avons organisé des débats dans chaque quartier pour écouter, pour comprendre et hiérarchiser les attentes. Cette démarche participative nous a permis de gagner en crédibilité et surtout de rassembler des citoyens de tous les horizons ». La liste obtiendra 15 % au premier tour, lui permettant de se maintenir face au maire sortant DVD, au député LR et à un leader national du FN. William Seemuller sera conseiller municipal d’opposition et, par la loi, adjoint spécial de Port Cros.

Être présent

« La défaite, dû à un manque de temps dans la préparation de la campagne, il nous a fallu sortir de la nostalgie du passé, des querelles, des dogmes. Cette campagne difficile nous a préparés pour 2020 et nous continuons à être très présents sur le terrain. Nous nous mettons à l’écoute de toutes les demandes, même les plus petites car elles sont parfois le signe d’un dysfonctionnement », dit-il.

William Seemuller est particulièrement attentif à la défense des cœurs de ville et de l’agriculture : « La souffrance est très forte chez les artisans et les agriculteurs. Les métiers sont durs mais ils sont l’identité et la richesse d’une ville. Nous devons simplifier l’intervention publique pour la rendre plus efficace et ouvrir des perspectives ».

Marié et résident à Port Cros, il est viscéralement attaché à “sa terre”. Créateur de l’Association des amis de Port Cros, membre du conseil d’administration du Parc national, il considère que « Hyères et Port Cros sont des lieux privilégiés. Dans l’île, les liens humains sont forts. La nature vous domine, c’est une leçon au quotidien et un lieu d’inspiration. Nous agissons pour réouvrir dans les prochaines années une école à Port Cros. C’est une utopie mais sans école, il n’y a pas de vie ».

William Seemuller a été élu président de l’UDESR du Var : « L’Union doit jouer un rôle important dans l’avenir. Nous devons être en capacité de mobiliser nos 36 maires et nos 200 élus pour préparer avec le soutien de la Fédération nationale la reconquête de nos villes. C’est un tissu d’expériences et de bonnes pratiques essentielles pour notre combat ».

Julien Bossu