L’élu de la semaine : Thomas Puijalon

Thomas PuijalonIssy et maintenant,
la culture du dialogue

Thomas Puijalon est conseiller municipal d’Issy-les-Moulineaux et de territoire. Il occupe les fonctions de 1er secrétaire fédéral adjoint à la communication, aux relations avec la presse, de porte-parole et d’animation du secrétariat fédéral au sein du PS des Hauts-de-Seine

Thomas Puijalon a grandi et vécu à Issy-les-Moulineaux. Il a toujours connu sa ville sous la houlette du centriste André Santini. Une formation universitaire en poche, il se lance dans la préparation des concours de grandes écoles. Un échec à celui de l’École normale supérieure lui laisse le temps de s’investir en politique. En 1997, il adhère au MJS. Il en sera le délégué régional. «J’ai fait le choix de rejoindre le PS par envie de justice sociale et besoin d’égalité. Je voulais me mettre au service des autres, je le ressentais comme un devoir», confie Thomas Puijalon. Puis il rejoint la section d’Issy-les-Moulineaux. Il en sera également le secrétaire. Il travaille auprès d’Alain Richard, ministre de la Défense, comme chef-adjoint de cabinet et conseiller parlementaire de 2001 à 2002. Puis il est attaché territorial à la Région Ile-de-France, où il se spécialise notamment sur les politiques de transports, d’aménagement et d’environnement. Il est le collaborateur de Marilyse Lebranchu avant son entrée au gouvernement en 2012. Aujourd’hui, il est responsable des affaires publiques auprès d’un grand opérateur de télécommunications.

 

Campagne alternative

Après avoir été plusieurs fois directeur de campagne, il est le suppléant de Lucile Schmid lors des législatives de 2012. «Ce fut une campagne compliquée», commente Thomas Puijalon. Suite à cette expérience peu convaincante mais enrichissante, il est tête de liste aux élections municipales de 2014. «Nous avons énormément travaillé et innové sur les pratiques durant cette campagne. Le participatif a été mis à l’honneur, tout comme la communication numérique». Il regrette cependant de ne pas avoir pu s’entendre avec les communistes et tous les écologistes, mais il a pu nouer un contrat de liste avec le MoDem et des citoyens engagés. Il organisait plusieurs “stand-up”, des réunions d’appartements et a réparti 10 000 magnets dans toute la ville et les 6 premiers habitants qui trouvaient les 6 couleurs ont gagné un dîner chez lui, préparé par ses soins. «Moment très sympa ou la parole était libérée. Cette campagne, c’était une autre façon de faire de la politique», explique Thomas Puijalon.

 

La révolution du numérique

Thomas Puijalon préconise le dialogue comme base à toute démarche politique. Penseur de la maturation de la démocratie locale, il convient que les mandats locaux ne tournent pas assez : «Il faudrait les limiter à deux mandats consécutifs et abaisser la prime majoritaire afin d’avoir une opposition plus constructive». Pour lui, un élu d’opposition a un vrai rôle à jouer : «Son travail ne se passe pas dans la salle du conseil municipal, il a trop peu de moyens. Ça se passe dehors, au contact de la population, en écoutant, en proposant et en faisant. Il ne suffit pas de dire non et de s’opposer à toutes les propositions de la majorité. On peut aussi aller dans le même sens sur certains sujets».

Pour Thomas Puijalon, la possible fusion de Boulogne avec Issy-les-Moulineaux présente un intérêt. «Cela a du sens, surtout si à long terme, cette nouvelle commune élargit Paris en intégrant le 75 plutôt que de le diluer». Il est favorable à une métropole forte, alors que la fusion entre les Hauts-de-Seine et les Yvelines n’a pas de sens et se construit en réaction à la création du Grand Paris. «Mais il ne faut pas que ce projet soit fait dans la précipitation; des débats avec la population doivent être menés. Il faut prendre le temps de la discussion», précise l’élu. Il ne reste plus qu’à attendre de savoir quelle forme juridique va prendre ce rapprochement : commune nouvelle ou fusion. La métropole est l’avenir et la commune joue l’interface de proximité en son sein.

Thomas Puijalon déplore un manque de considération pour les interrogations de la jeunesse et de la mutation de la société qui s’opère avec la révolution numérique. «Il n’y a pas de réponses apportées à la jeunesse. Cette révolution remet en cause notre façon de penser et même l’Etat-nation. La révolution de la pensée n’a pas suivi la révolution du numérique, qui est plus rapide, plus forte, plus importante et plus brutale que ne l’ont été l’invention de l’écriture et celle du livre imprimé. Il y a là un champ énorme pour les socialistes pour combattre les nouvelles inégalités», conclut Thomas Puijalon.

Julien Bossu