L’élu de la semaine: Stéphane Mari

Stephane Mari2Engagé pour Marseille

Stéphane Mari est à la tête des socialistes au conseil municipal de Marseille. Elu des 13e et 14e arrondissements de la cité phocéenne, originaire des quartiers nord, il n’a de cesse de vouloir réduire la fracture qui se creuse entre les deux faces de sa ville

Issue d‘une famille populaire ancrée à gauche, Stéphane Mari est étudiant lorsqu’il décide de mettre un premier pas dans le militantisme, en participant aux mouvements contre la loi Devaquet.

Il rejoint le Parti socialiste en 1986. « C’est au lycée que j’ai pris conscience du clivage droite/gauche dans notre société et des valeurs qui découlent de chacune des deux familles politiques. Avant l’élection de François Mitterrand en 1981, les radios étaient pirates et après elles sont devenues “libres”. Ce changement de dénomination est extrêmement parlant pour un lycéen », explique Stéphane Mari.

Gestionnaire de la cité

A peine encarté à la section du 13e arrondissement, il est sollicité pour être président d’un bureau de vote lors des régionales de 1986 : « J’étais très flatté que l’on me fasse tout de suite confiance et que l’on me donne des responsabilités ». Son implication se développe. Stephane Mari est pour la première fois élu lors des municipales du 1995, et rejoint le conseil d’arrondissement des 13e et 14e arrondissements. Il y est adjoint aux espaces verts. « Je n’avais pas encore 30 ans et je devais gérer ma vie politique, professionnelle et familiale de front. J’étais reconnaissant de la confiance que l’on m’accordait. C’est un véritable honneur d’accéder à un poste de gestionnaire de la cité », confie Stéphane Mari, encore ému du souvenir de la célébration de son premier mariage ou de sa première présidence de conseil d’arrondissement. « La politique n’est pas un métier, c’est un engagement. J’ai toujours tenu à avoir une activité professionnelle en parallèle car le chemin en politique n’est jamais tracé et le parcours peut être très aléatoire », explique l’élu, qui est ingénieur dans le service public.

En 2001, il est reconduit à la mairie des 13e et 14e et devient délégué aux finances. La même année, il est également nommé à la Communauté urbaine de Marseille, nouvellement créée.

Lors des municipales de 2008, il est réélu dans ses fonctions de 1er adjoint aux finances et de président du groupe socialiste à la mairie. Suite à une démission, en 2009, il entre au Conseil municipal de Marseille. En 2014, le PS marseillais doit faire face à une déconvenue de taille avec la perte de la mairie d’arrondissement des 13e et 14e au profit de l’extrême droite lors d’une triangulaire au second tour des municipales.

Stephane Mari siège toujours au conseil municipal, il prend la présidence du groupe socialiste et devient le chef de file de l’opposition marseillaise. A ce titre, il met en avant les dysfonctionnements de la droite à la tête de la municipalité. « Dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, Marseille est la seule ville de plus de 100 000 habitants qui n’a pas réussi a prendre le pas. Sur les 78 000 écoliers que compte la ville, seulement 33 000 participent aux temps d’activités périscolaires (TAP). C’est le plus faible taux pour une grande ville », déplore Stéphane Mari.

La cité phocéenne détient également le record de la taxe d’habitation la plus élevée des villes de plus de 100 000 habitants. Stéphane Mari ne se gêne pas pour rappeler au maire de Marseille que les services publics sont défaillants pour une imposition aussi importante : « Il n’est pas normal de devoir attendre 10 ans pour qu’une école soit construite dans une zone d’aménagement concertée (ZAC) ». Les différences de traitement entre les quartiers périphériques et de ceux du centre sont de plus en plus visibles à Marseille. Stéphane Mari espère beaucoup de la Métropole, notamment en matière de mutualisation et de modernisation du territoire. « Le PS marseillais est prêt à travailler avec la majorité, comme elle l’a fait pour le développement de la Communauté urbaine, pour que la métropole soit une réussite », conclut l’élu marseillais.

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre n°246 du 21 février 2016

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