L’élu de la semaine : Rudy Namur

rudy-namur Seul contre (presque) tous

Conseiller départemental de la Marne, Rudy Namur est conseiller municipal d’opposition à Châlons-en-Champagne et conseiller communautaire de l’agglomération

Rudy Namur a grandi avec les histoires d’un grand-père résistant communiste. Ce climat familial a bercé son enfance et n’est pas étranger à ses choix de vie politique et professionnelle. Natif d’Épernay, il rejoint Reims pour y faire ses études de droit. Il décide de rejoindre l’UNEF et prend part aux combats du syndicat étudiant, notamment contre le CPE. En 2001, il adhère au PS et rallie le MJS dont il deviendra chef de file pour la Marne en 2002. « Le 21 avril nous a confortés dans notre lutte contre le Front national. Ce choc a suscité une vague d’engagements et nous avons vu notre effectif croître », explique Rudy Namur, qui se remémore les actions menées en 2007 contre le lancement de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen à Valmy. Localement, il engage le MJS dans la campagne de Ségolène Royal et la soutient massivement. Installé à Châlons-en-Champagne, il s’investit dans la section socialiste et se rapproche des élus locaux. Lors des municipales de 2008, il est sur la liste mais ne figure pas en position éligible. Cependant, il entre au conseil municipal en 2010 suite à une démission. L’année suivante, il est candidat aux élections cantonales dans un canton historiquement à droite, longtemps tenu par Bruno Bourg-Broc. Il affronte l’assistant parlementaire de Benoîst Apparu. « J’ai mené une véritable campagne de terrain face à un candidat qui se voyait déjà élu. J’ai créé la surprise en remportant le canton. Être élu en son nom propre apporte une véritable légitimité politique. Au Conseil général, j’ai pu travailler sur de nombreux dossiers comme l’aménagement numérique du territoire avec le déploiement de la fibre optique ou aux affaires scolaires où j’ai pu participer à la création d’une école », précise Rudy Namur qui poursuit son mandat de conseiller départemental, réélu en 2015.

Apprentissage politique

Dans ce canton à la frontière de l’urbain et du rural, il s’efforce de travailler le fond des dossiers en réunissant tout le monde autour de la table. « Un jeune, on ne va pas lui faciliter la tâche. Il a fallu faire ses preuves et observer les façons de faire de chacun pour se forger sa propre méthode de travail », assure Rudy Namur. En 2012, il s’oppose à Benoîst Apparu aux élections législatives. « J’ai d’abord découvert les rivalités internes au parti pour l’investiture, puis la campagne difficile sur une circonscription assez conservatrice. J’ai tout de même été majoritaire dans mon canton et à Châlons-en-Champagne », indique Rudy Namur. Confirmant sa volonté d’union, il est désigné tête de liste pour les municipales de 2014. « Cette échéance m’a fait évoluer de nouveau. C’est une continuité dans mon apprentissage politique. Le PS local était divisé en deux courants et malheureusement nous n’avons pas réussi à travailler ensemble. Cette divergence d’opinion n’est pas visible de l’extérieur mais pesante de l’intérieur. Malgré la défaite dans ce contexte compliqué, nous avançons sur nos projets. Nous sommes bien occupés dans l’opposition », explique Rudy Namur.

« En cette période de réforme territoriale, les fusions de collectivités ont la cote. Châlons-En-Champagne n’y échappe pas et doit fusionner avec la commune de Mourmelon. Le maire a forcé la fusion malgré le peu d’intérêt politique et la remise en question des compétences de notre agglomération. Nous avons poussé les maires à voter une motion contre cette fusion. Malheureusement, le préfet à fait valoir le passer outre », indique Rudy Namur. Depuis mars 2016, il est à la tête de l’UDESR de la Marne. Il s’attache à remettre la machine en route. Reparti de zéro, il travaille avec les élus et a ouvert l’UD aux militants. « Il est important de former les militants aux responsabilités mais aussi d’élaborer avec les élus une matrice commune en vue des législatives. Nous mettons en place des réunions de formation, la prochaine aura d’ailleurs lieu à Châlons en février 2017. Nous travaillons en partenariat avec la première fédérale pour avoir une ligne commune et cohérente dans l’optique de 2020 », conclut Rudy Namur qui réfléchit encore entre s’engager pour les élections législatives ou les sénatoriales en 2017.

Julien Bossu

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